La première internationale et son histoire

Le début du chemin
Les organisateurs du meeting n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils vont bientôt déclencher. Ils n’ont formé le projet d’ouvrir un lieu de débat à l’échelle internationale afin d’évoquer les principaux problèmes des travailleurs. ils n’ont pas envisagé de fonder une véritable organisation qui soit un outil de coordination de l’initiative syndicale et politique de la classe ouvrière. idéologiquement, au départ, ils prônent davantage des valeurs générales éthiques et humanitaires, telles la fraternité entre les peuples et la paix dans le monde, que le conflit de classe et des objectifs politiques concrets. elle deviendra néanmoins la référence de toutes les futures organisations du mouvement ouvrier, dont se réclameront aussi bien les réformistes que les révolutionnaires : l’association internationale des travailleurs.

En quelques années, elle va éveiller les passions dans toute l’europe, faire de la solidarité de classe un idéal partagé et susciter la prise de conscience d’une foule de femmes et d’hommes. Grâce à l’internationale, le mouvement ouvrier comprendra mieux les mécanismes de fonctionnement du mode de production capitaliste, prendra davantage conscience de sa propre force et développera des formes de lutte nouvelles et plus avancées. À l’opposé, au sein des classes dominantes, la nouvelle de la fondation de l’internationale provoquera un sentiment d’horreur. L’idée que les ouvriers revendiquent eux aussi un rôle actif dans l’histoire suscitera une telle aversion que nombre de gouvernements chercheront à la persécuter, voire l’éliminer, par tous les moyens dont ils disposent.

Journal:

La pensée

Pub Info:

Vol. 2014, n. 380, 129-143

Reference:

DOI 10.3917/lp.380.0129

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