Fan Lijun, Marxism & Reality
Contrairement aux prévisions qui en avaient annoncé l’oubli de manière définitive, durant les dernières années, Marx s’est présenté de nouveau sur la scène de l’histoire et, en de nombreux endroits du monde, sur les étals des libraires, on a vu revenir nombre de ses textes, en réimpression ou dans de nouvelles éditions. La redécouverte de Marx se fonde sur la capacité persistante qu’ont ses écrits d’expliquer le présent. En effet, face à une crise du capitalisme nouvelle et profonde, beaucoup reviennent interroger cet auteur trop souvent lié à tort par le passé à l’Union soviétique et, ensuite, trop hâtivement mis de côté après 1989.
Cet intérêt renouvelé, de caractère politique, avait été précédé par une reprise des études sur son œuvre. Après le déclin des années quatre-vingt et, à quelques exceptions près, après la « conjuration du silence » des années quatre-vingt-dix, depuis quelques années, les publications de et sur les écrits de Marx ont repris presque partout (en partie en Russie et en Europe de l’Est, où le voisinage temporel des désastres produits par le prétendu « socialisme réel » rend encore impensable un retour à Marx) et, dans bien des domaines où elles ont fleuri à nouveau, elles ont produit des résultats pertinents et novateurs.
Parmi ces dernières, dans un but de réinterprétation globale de l’oeuvre de Marx, la publication, commencée de nouveau en 1998, de la Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA²), l’édition historique critique des oeuvres complètes de Marx et Engels , est particulièrement significative. Dans cette édition ont pu être donnés à l’impression les cahiers d’extraits de Marx et tous les manuscrits préparatoires des livres second et troisième du Capital. Les premiers qui comprennent parfois, outre les résumés des livres qu’il lisait, également les réflexions qu’il en tirait, constituent le terrain de sa théorie critique, montrent l’itinéraire complexe suivi durant le développement de sa pensée et révèlent les sources auxquelles il a puisé au cours de l’élaboration de ses conceptions. La publication de la totalité des manuscrits du Capital, ainsi que de toutes les ébauches rédactionelles d’Engels permettra une évaluation critique certaine par rapport à l’état des originaux laissés par Marx et concernant le statut des modifications apportées par Engels durant le travail éditorial pour l’impression des livres second et troisième du Capital. Ces textes, en effet, montrent efficacement le profil incomplet de l’opus magnum marxien et constitueront la base des futures études rigoureuses à ce sujet.
En mettant à profit les nouveaux matériaux offerts à la recherche, le présent travail se pose l’objectif de reconstruire toutes les étapes de la critique marxienne de l’économie politique à la lumière des acquis philologiques de la MEGA² et donc, de réaliser une étude sur la formation de la pensée de Marx d’une façon plus complète que par le passé. En effet, la grande majorité des chercheurs qui se sont occupés de ce thème n’ont pris en considération que certains stades de l’élaboration achevée par Marx, en sautant, souvent, des [Manuscrits économico-philosophiques de 1844] aux [Grundrisse] (1857-58) et de ces derniers au livre premier du Capital (1867) ; ou bien, dans le meilleur des cas, en examinant seulement deux autres textes : Misère de la philosophie (1847) et les [Théories sur la plus-value] (1862-63) .
L’étude de manuscrits précieux, qui comprennent d’intéressants résultats intermédiaires, est restée l’apanage d’un cercle restreint de chercheurs capables de lire les publications en langue allemande de la MEGA². Ainsi, dans le but de faire aussi connaître ces textes en dehors du milieu des spécialistes qui utilisent cette édition et la trouvent utile, à la lumière des nouveaux matériaux, et retourner au débat relatif à la genèse et au caractère inachevé de l’oeuvre marxienne , la présente étude se divise en trois parties. La première, qui correspond à l’article donné à l’impression, prend en compte les recherches d’économie politique de Marx et quelques développements théoriques accomplis par lui dans cette discipline, des premières études de 1843 à la publication de la Neue Rheinische Zeitung.
Politisch-ökonomische Revue en 1850. Le second traitera la période comprise entre les recherches entreprises par Marx à la librairie du British Museum de Londres en 1850-53 et la rédaction des [Grundrisse] (1857-58), l’imposant manuscrit préparatoire de la brève œuvre de 1859 intitulée Critique de l’économie politique, généralement considérée comme la première ébauche du Capital. Tandis que le troisième et dernier article, qui sera lui aussi bientôt publié, étudiera la formation du Capital à travers ses différentes rédactions, des [Grundrisse] aux derniers manuscrits de 1882 réalisés par Marx avant sa mort.
Le présent essai est centré sur la reconstrution des études d’économie politique menées par Marx à Paris, Manchester et Bruxelles entre 1843 et 1847, qui culminent avec la publication du texte Misère de la philosophie (§ I et II). On y traitera, de plus, des vicissitudes politiques et personnelles de Marx durant les révolutions de 1848 et, suite à leur défaite, au temps de l’exil à Londres (§ III et IV). Durant cette période, il parla d’économie politique dans deux journaux qu’il a fondés et dirigés (de 1848 à 1849, le quotidien Neue Rheinische Zeitung. Organ der Demokratie [Nouvelle gazette rhénane. Organe de la démocratie] et en 1850, la revue Neue Rheinische Zeitung. Politisch-okonomische Revue [Nouvelle gazette rhénane. Revue d’économie politique]) et acquit la conviction qu’une nouvelle révolution n’aurait pu se développer qu’à la suite d’une crise économique mondiale.
LA RENCONTRE AVEC L’ÉCONOMIE POLITIQUE
L’économie politique ne fut pas la première passion intellectuelle de Karl Marx. La rencontre avec cette matière qui, au temps de sa jeunesse, n’en était qu’à ses premiers pas en Allemagne, n’arriva, en effet, qu’après qu̓il eut avec d’autres disciplines. Né à Trèves en 1818 dans une famille d’origine juive, à partir de 1835, Marx étudia d’abord le droit à l’université de Bonn puis de Berlin, pour détourner ensuite son intérêt vers la philosophie, en particulier celle de Hegel alors dominante, et devenir diplômé de l’université d’iéna, en 1841, avec une thèse sur la Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et chez Épicure. À la fin de ses études, Marx aurait voulu entreprendre une carrière universitaire, mais, puisque après l’avénement de Frédéric-Guillaume IV, la philosophie hégélienne ne jouissait plus de la faveur du gouvernement prussien, il dut, vu qu’il avait adhéré au mouvement des Jeunes hégéliens, changer ses projets. Entre 1842 et 1843, il se consacra au journalisme et collabora au quotidien de Cologne la Rheinische Zeitung, dont il devint rapidement le très jeune rédacteur en chef.
Néanmoins, peu de temps après le début de sa direction et la publication de certains de ses articles dans lesquels il avait commencé, bien que seulement d’un point de vue juridique et politique, à s’occuper de questions économiques , la censure frappa le journal et Marx décida d’interrompre cette expérience « pour quitter la scène publique et me retirer dans le cabinet d’études » . Il se consacra donc aux études sur l’État et les relations juridiques, dans lesquelles Hegel faisait autorité, et dans un manuscrit de 1843, publié de manière posthume avec le titre [Critique de la philosophie hégélienne du droit], en ayant acquis la conviction que la société civile était la base réelle de l’État politique, il développa les toutes premières formulations à propos de la pertinence du facteur économique dans l’ensemble des rapports sociaux.
Marx ne commença son « étude critique consciencieuse de l’économie politique » qu’après son départ pour Paris où, en 1844, il fonda et codirigea la revue Deutsch-französische Jahrbücher . À partir de ce moment, ses enquêtes, jusqu̓alors de caractère principalement philosophique, historique et politique, se tourneront vers cette nouvelle discipline qui creusera le sillon de ses recherches futures. À Paris, Marx entame une grande série de lectures et en tira neuf cahiers d’extraits et de notes . Jusqu’à la période universitaire, en effet, il avait pris l’habitude, maintenue ensuite sa vie durant, de compiler des résumés des oeuvres qu’il lisait, en les intercalant, souvent, avec les réflexions qu’elles lui suggéraient.
Les [Cahiers de Paris] sont particulièrement intéressants parce que, parmi les livres les plus résumés, figurent le Traité d’économie politique de Jean-Baptiste Say et La Richesse des nations d’Adam Smith , textes dont Marx tira les notions premières d’économie, de même que les Principes d’économie politique de David Ricardo et les Éléments d’économie politique de James Mill , qui lui donnèrent la possibilité de développer ses premières analyses des concepts de valeur et prix et de la critique de l’argent comme domination de la chose aliénée sur l’homme.
Parallèlement à ces études, Marx rédigea trois autres cahiers, publiés après sa mort sous le titre [Manuscrits économico-philosophiques de 1844], dans lesquels il accorda une attention particulière au concept de travail aliené (entäusserte Arbeit). À la différence des principaux économistes et de Georg W. F. Hegel, le phénomène par lequel l’objet produit par l’ouvrier s’oppose à lui-même « comme un être étranger, comme une puissance indépendante du producteur » , est considéré par Marx non comme une condition naturelle et, donc, immuable, mais comme la caractéristique d’une structure déterminée de rapports productifs et sociaux : la société bourgeoise moderne et le travail salarié.
On peut également voir l’intense travail mené par Marx durant cette période dans les témoignages de ceux qui l’ont fréquenté à l’époque. En se référant à la fin de 1844, le journaliste radical Heinrich Bürgers soutient que : « Marx avait commencé jusqu’à présent des recherches approfondies dans le domaine de l’économie politique et caressait le projet d’écrire une œuvre critique capable de former une nouvelle constitution de la science économique » . Friedrich Engels également, qui avait connu Marx à l’été 1844 et s’était lié d’amitié avec lui, dans un rapport d’alliance théorique et politique destiné à durer pour le reste de leur vie, dans l’espoir qu’une époque de bouleversements sociaux était à l’horizon, l̓exhorta, dès la première lettre de cette correspondance qui durera quarante ans, à mener vite son œuvre à bien : « Fais en sorte de répandre bientôt un peu partout les matériaux que tu as amassés.
Il est diantrement grand temps. » Néanmoins, la conscience de l’insuffisance de ses connaissances empêcha Marx de compléter et de publier ses manuscrits. De plus, à l’automne 1844, il se consacra, avec Engels à la rédaction de La Sainte Famille. Critique de la Critique critique contre Bruno Bauer et consorts, un écrit polémique, publié en 1845, contre Bauer et d’autres représentants de la gauche hégélienne, mouvement dont Marx avait pris ses distances dès 1842, car il pensait que ses membres ne se consacraient qu’à de stériles batailles de concepts et s’enfermaient dans l’isolement spéculatif.
Après ce travail, au début de 1845, Engels revint vers son ami en l’invitant à terminer l’écrit en préparation : « Arrange-toi pour achever ton livre d’économie politique, même si bien des pages ne devaient pas te satisfaire, peu importe : les esprits sont mûrs et nous devons battre le fer tant qu’il est chaud. […] Mais il est grand temps ! Aussi tâche d’en terminer d’ici avril, fais comme moi, fixe-toi une date à laquelle tu veux effectivement avoir terminé et veille à le faire imprimer rapidement. »
Mais ces sollicitations ne suffiront pas. Sa connaissance encore insuffisante de l’économie politique conduisit Marx à poursuivre ses études, même à tenter de donner une forme achevée à ses ébauches. Poussé par la conviction de pouvoir publier son écrit rapidement, en février 1845, après que lui fut intimé l’ordre d’abandonner la France à cause de sa collaboration au bimensuel ouvrier de langue allemande Vorwärts!, il signa un contrat avec l’éditeur de Darmstadt Karl Wilhelm Leske, pour la publication d’une œuvre en deux volumes devant s’intituler « Critique de la politique et de l’économie politique » .
LA SULTE DES ÉTUDES D’ÉCONOMIE
À partir de février 1845, Marx se rendit à Bruxelles où il lui fut permis de résider à condition de ne publier « aucun écrit sur la politique du jour » et où il resta, avec sa femme Jenny von Westphalen et sa première fille, Jenny, née à Paris en 1844, jusqu’à mars 1848. Durant ces trois ans, et particulièrement en 1845, il suivit de manière très productive ses études d’économie politique. En mars de cette année, en effet, il travailla à une critique, mais sans réussir à l’achever, du Système national de l’économie politique de l’économiste allemand Friedrich List . De plus, de février à juillet, il rédigea six cahiers d’extraits, les [Cahiers de Bruxelles], en se concentrant surtout sur les études des concepts de base de l’économie politique, dans lesquels il réserva un espace particulier aux Études sur l’économie politique de Sismonde de Sismondi, au Cours d’économie politique de Henri Storch et au Cours d’économie politique de Pellegrino Rossi.
Au même moment, Marx se consacra également aux questions liées aux machines et à la grande industrie et recopia différentes pages de l’ouvrage de Charles Babbage Sur l’économie des machines et des manufactures . Dans cette période, il projeta avec Engels d’organiser également la traduction en allemand d’une « Bibliothèque des meilleurs écrivains socialistes étrangers » . N’ayant trouvé le soutien financier d’aucun éditeur et ne disposant que de très peu de temps libre du fait de leurs propres travaux, Marx et Engels durent abandoner ce projet.
En juillet et en août, Marx séjourna à Manchester afin d’examiner la vaste littérature économique anglaise qu’il jugeait indispensable pour écrire le livre qu’il avait en préparation. Il rédigea ainsi neuf autres cahiers d’extraits, les [Cahiers de Manchester] et, de nouveau, parmi les textes les plus résumés, on trouve des manuels d’économie politique et des livres d’histoire économique, parmi lesquels les Leçons sur les éléments d’économie politique de Thomas Cooper, une Histoire des prix de Thomas Tooke, la Littérature d’économie politique de John Ramsay McCulloch et les Essais sur quelques problèmes irrésolus d’économie politique de John Stuart Mill . Marx s’intéressa également beaucoup aux questions sociales et recueillit des extraits de certains des principaux volumes de la littérature socialiste anglosaxonne, en particulier les Maux du travail et le remède du travail de John Francis Bray et l’essai Sur la formation du caractère humain et le Livre du nouveau monde moral de Robert Owen . De même, La situation de la classe laborieuse en Angleterre, la première œuvre d’Engels, parue en juin 1845, traitait des mêmes thèmes.
Dans la capitale belge, en plus de ses études économiques, Marx travailla également à un autre projet, qu’il jugeait nécessaire du fait des circonstances politiques qui avaient mûri entre-temps. En novembre 1845, en effet, il pensa écrire avec Engels, Joseph Weydemeyer et Moses Heß, une « critique de la plus récente philosophie allemande chez ses représentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner, et du socialisme allemand chez ses divers prophètes » . Le texte, qui fut imprimé après sa mort sous le titre [L’idéologie allemande], se fixait pour objectif, d’une part, de combattre les formes ultimes de néohégélianisme apparues en Allemagne (L’unique et sa propriété de Max Stirner avait été imprimé en octobre 1844) et, d’autre part, comme Marx l’écrivit à l’éditeur Leske, de « préparer le public au point de vue de [son] économie (Ökonomie), qui s’oppos [ait] résolument à toute la science allemande jusqu’à présent » . Cet écrit, dont la rédaction se poursuivit jusqu’en juin 1846, ne fut néanmoins jamais mené jusqu’à son terme, même s’il permit à Marx d’élaborer, plus clairement que par le passé, même de manière non définitive, ce que Engels définira, quarante années plus tard, comme « la conception matérialiste de l’histoire » .
Pour avoir des nouvelles sur le progrès de l’« Économie » durant l’année 1846, il faut, encore une fois, examiner les lettres adressées à Leske. En août de cette année, Marx avait parlé à l’éditeur du « manuscrit quasi conclu du premier volume », c’est-à-dire de ce texte qui, selon ses nouveaux plans, aurait dû contenir la partie la plus théorique et politique, et qui était déjà disponible « depuis bien longtemps », mais qu’il n’aurait pas fait « imprimer sans le soumettre encore une fois à une révision de contenu et de style. On comprend qu’un auteur qui continue à travailler six mois après ne peut laisser imprimer littéralement ce qu’il a écrit six mois auparavant ». Malgré cela, il concluera bientôt le livre : « Le premier volume, revu et corrigé, sera prêt pour l’impression fin novembre. Le second volume qui est plus historique pourra suivre rapidement » . Les nouvelles fournies ne répondaient pas à l’état réel de son travail puisqu̓aucun de ses manuscrits de l’époque ne pouvait être défini comme « quasi conclu » et, en effet, lorsque l’éditeur ne s’en vit livrer aucun au début de 1847, il décida de résilier le contrat.
Ces retards continuels ne doivent cependant pas être attribués à un faible engagement de la part de Marx. Durant ces années, il ne renonça jamais à l’activité politique et, au printemps 1846, il fut le promoteur d’un « Comité communiste de correspondance », né pour établir un lien entre les différentes ligues ouvrières en Europe. Néanmoins, le travail théorique resta pour lui toujours une priorité, ce que confirment ceux qui le fréquentèrent. Le poète allemand Georg Weerth, par exemple, écrivit en novembre 1846 : « Marx est considéré, en un certain sens, comme le chef du parti communiste. Mais beaucoup des soi- disant communistes et socialistes s’étonneraient fortement s’ils savaient avec précision ce que fait vraiment cet homme. Marx travaille en effet jour et nuit pour nettoyer la tête des ouvriers d’Amérique, de France, et d’Allemagne de leurs nuées etc. des systèmes saugrenus qui aujourd’hui les embrouillent […] Il travaille comme un fou à son histoire de l’économie politique. Cet homme ne dort depuis de nombreuses années pas plus de quatre heures par nuit. »
On trouve également les preuves du grand travail de Marx dans les notes d’étude et les écrits publiés alors. De l’automne 1846 à septembre 1847, il remplit trois volumineux cahiers d’extraits, touchant en grande partie l’histoire économique, du texte Représentation historique du commerce, de l’activité commerciale et de l’agriculture des plus importants États commerciaux de notre temps de Gustav von Gülich , un des principaux économistes allemands de l’époque. De plus, en décembre de 1846, après avoir lu le livre Système des contradictions économiques, ou philosophie de la misère de Pierre-Joseph Proudhon et l’avoir trouvé « mauvais, voire très mauvais » , Marx décida d’en écrire une critique. Rédigé directement en français, afin que son antagoniste qui ne parlait pas allemand puisse la comprendre, l’ouvrage fut terminé en avril 1847 et imprimée en juillet sous le titre Misère de la philosophie. Réponse à Pierre-Joseph Proudhon. Il s’agissait du premier écrit d’économie politique publié par Marx et dans ses pages, on trouve ses convictions du moment sur la théorie de la valeur, l’approche méthodologique plus correcte à utiliser pour comprendre la réalité sociale et le caractère historique transitoire des modes de production.
La cause du caractère inachevé de l’oeuvre projetée – la critique de l’économie politique – n’est donc pas attribuable au manque de concentration de la part de Marx, mais à la difficulté de la tâche qu’il s’était fixée. Le sujet qu’il voulait soumettre à un examen critique était très vaste et l’affronter avec le sérieux et la conscience critique dont il était pourvu aurait signifié travailler durement encore pendant de nombreuses années. Même s’il n’en était pas conscient, en effet, à la fin des années quarante, Marx était à peine au début de ses peines.
1848 ET L’ÉCLATEMENT DE LA RÉVOLUTION
Dans la seconde moitié de 1847, le ferment social s’intensifa et la tâche politique de Marx devint, par conséquent, plus lourde. En juin fut fondée à Londres la « Ligue des communistes », association d’ouvriers et artisans allemands avec des ramifications internationales ; en août Marx et Engels constituèrent l’« association ouvrière allemande », un centre qui réunissait les ouvriers allemands de Bruxelles ; et, en novembre, Marx devint vice-président de l’« Association démocratique de Bruxelles», organisation qui unissait une aire révolutionnaire proche de lui ainsi qu’une composante démocratique plus modérée. À la fin de l’année, en outre, la « Ligue des communistes » chargea Marx et Engels de rédiger un programme politique et, peu après, en février 1848, fut imprimé le Manifeste du parti communiste. Son incipit, « Un spectre hante l’Europe – le spectre du communisme », devint célèbre, de même qu’une de ses thèses principales : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. »
La publication du Manifeste communiste n’aurait pu mieux tomber. En effet, immédiatement après sa parution, un extraordinaire mouvement révolutionnaire, le plus grand jusqu’à présent par sa diffusion et son intensité, surgit sur tout le continent européen, en mettant en crise son ordre politique et social. Les gouvernements en charge prirent toutes les contre-mesures possibles pour mettre fin à la situation et, en mars 1848, les autorités belges expulsèrent Marx qui se rendit en France, où la république venait depuis peu d’être proclamée. Vu les circonstances, il mit naturellement de côté ses études d’économie politique et se consacra à l’activité journalistique pour soutenir la révolution et contribuer à tracer la ligne politique à adopter. En avril, il passa en Rhénanie, la région économiquement la plus développée et politiquement la plus libérale de l’Allemagne et, pour le mois de juin, dirigea le quotidien Nouvelle gazette rhénane. Organe de la démocratie, qu’il avait, entre-temps, réussi à fonder à Cologne.
Bien que la majeure partie de ses articles se fussent concentrés sur la chronique des événements politiques, en avril 1849, il publia une série d’éditoriaux ayant pour thème la critique de l’économie politique, puisqu’il pensait qu’il était « temps d’examiner de plus près les rapports économiques eux-mêmes sur lesquels se fondent l’existence de la bourgeoisie et sa domination de classe ainsi que l’esclavage des ouvriers. » Fondés sur quelques notes rédigées pour des conférences tenues en décembre 1847 à l’« Association ouvrière allemande » de Bruxelles, parurent ainsi cinq articles ayant pour titre Travail salarié et Capital, où Marx expose au public, plus longuement qu’auparavant et dans un langage mieux compréhensible par les ouvriers, ses conceptions sur l’exploitation du travail salarié de la part du capital.
Néanmoins, le mouvement révolutionnaire ayant surgi en Europe en 1848 fut vite écrasé. La reprise économique, la faiblesse de la classe ouvrière à peine structurée dans certains pays, et le tournant modéré des classes moyennes, qui après avoir soutenu une politique de réformes se rapprochèrent de l’aristocratie pour déjouer la possibilité d’une issue trop radicale des événements, permirent aux forces politiques réactionnaires de reprendre fermement les rênes du gouvernement des États et furent en partie la cause de la conclusion autoritaire et conservatrice des événements.
Suite à son intense activité politique, en mai 1849, Marx reçut un nouvel ordre d’expulsion de la Prusse et se réfugia, encore une fois, en France. Mais lorsque la révolution fut définitivement battue également à Paris, les autorités françaises obligèrent Marx à quitter la capitale et à s’installer dans le Morbihan, une région alors désolée, paludéenne et malsaine. Face à cette « tentative d’homicide masqué », Marx décida de quitter la France pour Londres où il pensait avoir des « perspectives positives de fonder […] un journal allemand » . Il devait rester en Angleterre, exilé et apatride, pour le restant de ses jours, mais la réaction européenne n’aurait pu le confiner en un meilleur endroit pour écrire sa critique de l’économie politique. À l’époque, en effet, Londres était le centre économique et financier le plus important du monde, « le démiurge du cosmos bourgeois » et donc le lieu le plus favorable pour observer les développements les plus récents du capitalisme et reprendre, avec profit, les études.
À LONDRES EN ATTENDANT LA CRISE
Marx arriva en Angleterre à l’été 1849, à l’âge de 31 ans. Sa vie à Londres ne se passa pas du tout sereinement. La famille Marx, qui comptait six membres avec la naissance de Laure en 1845, d’Edgar en 1847 et de Guido, peu après l’arrivée en ville, en octobre 1849, vécut à Soho, un des quartiers les plus pauvres et les plus délabrés de la capitale anglaise, et dut survivre longtemps dans une profonde misère. En plus des problèmes familiaux, il fut employé également dans un comité d’assistance pour les émigrés allemands, qu’il promut via la « Ligue des communistes » et dont la tâche fut d’aider les nombreux réfugiés politiques arrivés à Londres à cette époque.
Malgré ces difficiles circonstances, Marx réussit à mettre sur pied une nouvelle entreprise éditoriale. Vers mars 1850, il dirigea la Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökonomische Revue, mensuel qui, dans ses projets, devait être le lieu idéal pour « analyser profondément et scientifiquement les rapports économiques qui sont à la base de toute l’activité politique ». Il était convaincu, en effet, qu’« un moment d’apparent équilibre comme celui-ci [devait] être utilisé pour faire la lumière sur la période révolutionnaire passée, sur le caractère des partis en lutte, sur les rapports sociaux qui déterminent l’existence et la lutte de ces partis. »
Marx était alors certain, même s’il se trompait, que la situation où il se trouvait n’était qu’un bref interlude entre la révolution qui venait de se conclure et une autre qui éclaterait bientôt. En décembre 1849, il avait écrit à son ami Weydemeyer : « Il ne fait guère de doute pour moi qu’après la parution de trois peut-être deux cahiers mensuels, l’incendie universel éclatera et que j’aurai l’occasion de donner une conclusion provisoire à mes travaux d’économie ». Il était sûr de l’imminence d’« une énorme crise industrielle, agricole et commerciale » et tenait pour acquis un nouveau mouvement révolutionnaire, dont il souhaitait qu’il puisse surgir après le déclenchement de la crise, puisque les conditions de prospérité industrielle et commerciale atténuaient la détermination des masses prolétaires.
Ensuite, dans Les luttes de classes en France, une série d’articles parus dans la Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökonomische Revue, Marx affirme qu’« une vraie révolution […] dans les périodes où […] les forces productives modernes et les formes de production bourgeoises entrent en conflit les unes avec les autres […] Une nouvelle révolution ne sera possible qu’à la suite d’une nouvelle crise, mais l’une est aussi certaine que l’autre. » Il ne changea pas non plus d’avis face à la florissante prospérité économique qui commençait à se répandre et, dans le premier numéro de la nouvelle Gazette rhénane, celui de janvier-février, il écrivit que la reprise aurait la vie courte puisque les marchés des Indes orientales étaient « désormais pratiquement saturés » et qu’il en irait très vite de même pour ceux du Nord et du Sud de l’Amérique ainsi que pour l’Australie. Donc : « Au premier signal se répandra la “panique” autant dans la production que dans la spéculation – peut-être dès la fin du printemps, ou au plus tard en juillet ou août. Mais cette crise, du fait qu’elle devra nécessairement coïncider avec de grandes collisions sur le continent, portera des fruits bien différents de toutes celles qui l’ont précédée. Si, jusqu’à présent, chaque crise a représenté le signal d’un nouveau progrès, d’une nouvelle victoire de la bourgeoisie industrielle sur la propriété foncière et sur la bourgeoisie financière, celle-ci marquera le début de la révolution anglaise moderne. »
Aussi dans le numéro suivant, celui de mars-avril 1850, Marx soutint que la conjoncture économique positive en cours ne représentait qu’une amélioration temporaire, tandis que la surprodution et l’excès de spéculation dans le secteur ferroviaire nous rapprochaient de la crise, dont les effets auraient été « plus graves que ceux de chaque crise précédente. Elle se produit, en effet, de façon concommitante avec la crise agricole […]. Cette double crise s’accélère, rendue plus vaste et plus dangereuse par les convulsions qui en même temps tombent sur le continent, et, sur le continent, les révolutions prendront par l’effet qu’aura la crise anglaise sur le marché mondial, un caractère nettement plus socialiste. »
Donc, le scénario envisagé par Marx était très optimiste pour la cause du mouvement ouvrier et concernait non seulement les marchés européens, mais aussi ceux d’Amérique du Nord. Il pensait en effet, que « suite à l’entrée de l’Amérique dans le mouvement régressif causé par la surproduction, nous pouvons nous attendre à ce que, en un mois, la crise se développe avec une rapidité encore plus grande ». Ses conclusions furent enthousiastes: « La coïncidence entre crise commerciale et révolution […] devient toujours plus inévitabile. Ici le destin s’accomplit! »
Durant l’été, il approfondit l’analyse économique des années précédant 1848 et, dans le numéro de la revue de mai-octobre 1850, le dernier avant la fermeture causée par le manque de ressourses financières et les vexations de la police prussienne, il parvint à l’importante conclusion que « l’impulsion donnée par les crises commerciales aux révolutions de 1848 a été infinitement plus grande que celle donnée par la révolution à la crise commerciale » . La crise économique a acquis définitivement dans sa pensée une importance fondamentale. De plus, en analysant les processus de surspéculation et de surproduction, il hasarda une nouvelle prévision et déclara que « si le nouveau cycle de développement industriel, commencé en 1848, suit le cours de celui de 1843-1847, la crise éclatera en 1852 ». Enfin, il répète que la future crise explosera aussi dans les campagne et « pour la première fois une crise industrielle et commerciale coïncidera avec une crise agricole » .
Les prévisions de Marx sur plus d’un an se révélèrent erronées. Néanmoins, également à l’époque où il fut le plus convaincu de l’imminence de la vague révolutionnaire, ses idées furent de toute façon très différentes par rapport aux thèses des autres leaders politiques européens exilés à Londres. Bien qu’il se trompe dans ses prévisions par rapport aux développements de la situation économique de son époque, Marx considère néanmoins comme indispensable l’étude de ces rapports afin de participer à l’activité politique. A contrario, la majeure partie des dirigeants démocrates et communistes de son temps, qu’il tenait pour des « alchimistes de la révolution », pensaient que l’unique condition pour qu’une révolution triomphe était de savoir simplement si « la conjuration [était] suffisamment organisée » .
Un exemple d’une telle conception fut le Manifeste aux peuples du « Comité central démocratique européen », fondé à Londres, en 1850, par Giuseppe Mazzini, Alexandre Ledru-Rollin et Arnold Ruge. Selon Marx, il avançait l’idée « que la révolution [de 1848 ndt] avait échoué du fait des ambitions et jalousies de ses chefs et du fait des opinions divergentes des différentes endoctrineurs du peuple ». De plus, il trouvait « stupéfiante » la façon dont les diffuseurs de cet écrit avaient exposé leurs idées d’« organisation sociale : un manifeste pour la rue, un esclandre, une poignée de main et le jeu est fait. Pour eux la révolution consiste surtout à renverser les gouvernements existants : c’est cela qui mène à “la victoire”. »
Contrairement à ceux qui attendaient une nouvelle révolution improvisée, à partir de l’automne 1850, Marx était convaincu qu’elle n’aurait pu mûrir sans une nouvelle crise économique mondiale . Dorénavant, il s’éloignera définitivement de ceux qui nourissent la fausse espérance d’un surgissement prochain de la révolution et vécut « dans un absolu isolement » . Comme l’écrivit, en janvier 1851, Wilhelm Pieper, membre de la « Ligue des communistes » : « Marx vit dans une retraite complète, ses seuls amis sont John Stuart Mill et Loyd, et quand on vient chez lui, on n’est pas accueilli par des civilités mais par des catégories économiques. » Par la suite, en effet, Marx fréquentera très peu d’amis à Londres et ne maintiendra un lien profond qu’avec Engels qui s’était établi entre-temps à Manchester et à qui il écrit en février 1851 : « Cet isolement authentique public dans lequel nous vivons, toi et moi, me plaît beaucoup.
Il répond tout à fait à notre position et à nos principes. » Engels lui répond : « C’est cette position que nous pouvons et devons adopter dans un Proche avenir […] critiquer impitoyablement tout le monde. » À son avis, « l’essentiel, c’est d’avoir la possibilité de nous faire imprimer : soit dans une revue trimestrielle où nous attaquerons directement et où nous assurerons nos positions vis-à-vis des personnes ; soit dans de gros ouvrages. » Enfin, il conclut avec un certain optimisme : « Que restera-t-il de tous ces ragots et racontars que toute la populace de l’émigration colporte sur ton compte le jour où tu répondras par ton Économie ? » À partir de ce moment, le défi se porta donc sur la prévision de l’éclatement de la crise et pour Marx le temps était venu, cette fois avec un mouvement politique en plus, de se consacrer de nouveau exclusivement aux études d’économie politique.
[Fin de la première partie.
La seconde sera publiée dans un prochain numéro]
Traduit de l’italien par Aymeric Monville
References
Cf. Marcello Musto, « La redécouverte », La Pensée, n° 360, octobre-décembre 2009, p. 15-30.
Idem, « La MEGA_ et les nouveaux visages de Karl Marx », ibid., p. 149-157.
L’accomplissement de cette entreprise – seconde section de la MEGA_intitulée Das Kapital und Vorarbeiten – est prévu pour 2010 avec l’impression du volume II/4.3 (Manuskripte 1863-1867. Teil 3) relatif à la dernière partie des manuscrits de 1863-67.
Dans cet essai, les titres des manuscrits inachevés de Marx désignés éditorialement sont insérés dans le texte entre crochets.
Parmi les rares études des auteurs qui se sont efforcés, par rapport aux sources alors disponibles, d’interpréter les phases moins connues de la genèse de la pensée marxienne, on trouve les articles de Maximilien Rubel, Les cahiers de lecture de Karl Marx. I. 1840-1853 et II. 1853-1856, publiés dans la revue International Review of Social History en 1957 et en 1960 et ensuite republiés dans le volume Marx critique du marxisme, Payot, Paris 1974, p. 301-59. De plus, cf. également le volume de Vitali Vygotski, Istoria odnogo velikogo otkrytija Karla Marksa, Mysl, Moscow 1965 ; le texte d’Ernest Mandel, La formation de la pensée économique de Karl Marx de 1843 jusqu’à la rédaction du Capital. Étude génétique, Maspero, Paris 1967, et le livre de Walter Tuchscheerer, Bevor « Das Kapital » entstand, Akademie, Berlin 1968. Dans le monde anglo-saxon, des recherches sur ces thématiques ne sont parues que récemment, suite à trois travaux d’Allen Oakley : The making of Marx’s critical theory, Routledge & Kegan Paul, London 1983 ; Marx’s critique of political économy. Intellectual sources and evolution. Volume I : 1844 to 1860, Routledge & Kegan Paul, London 1984 ; et Marx’s critique of political economy. Intellectual sources and evolution. Volume II : 1861 to 1863, Routledge & Kegan Paul, London 1985.
Parfois ce débat s’est basé sur des interprétations très superficielles. Pour un récent et pire exemple de ce type de littérature cf. Francis Wheen, Marx’s Das Kapital. A biography, Atlantic Books, London, 2006.
Cf. Karl Marx, Verhandlungen des 6. Rheinischen Landtags. Dritter Artikel : Debatten über das Holzdiebstahlsgesetz et Rechtfertigung des ††-Korrespondenten von der Mosel, MEGA² I/1, Dietz, Berlin 1975, pp. 199-236 et 296-323 ; tr. it. Le discussioni alla sesta dieta renana. Terzo articolo : Dibattiti sulla legge contro i furti di legna et Giustificazione di ††, corrispondente dalla Mosella, Marx Engels Opere, vol. I, Éditori Riuniti, Roma 1980, p. 222-64 et p. 344-75. Les citations de Marx et Engels présentes dans le texte ont été souvent retraduites par l’auteur et renvoient aux éditions en langue allemande Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA²) et Marx Engels Werke (MECW), toutes deux incomplètes. En langue italienne, les écrits de Marx et Engels sont parus en 32 volumes, sur les 50 prévus, dans l’édition Marx Engels Opere (Editori Riuniti, 1972-1990). Toutes les références bibliographiques relatives aux écrits présents dans cette édition renvoient à celle-ci, tandis que les références bibliographiques aux textes non inclus dans les œuvres renvoient à des publications uniques. Les textes qui n’ont pas été traduits en italien [ou en français. ndt], en revanche, renvoient, dans les notes, à la seule édition allemande.
Karl Marx, Zur Kritik der politischen Ökonomie. Erstes Heft, MEGA² II/2, Dietz, Berlin 1980, p. 100 ; tr. fr. de M. Husson, in Marx, Contribution à la critique de l’économie politique, Éditions Sociales, 1972, p. 40.
Karl Marx, Ökonomisch-philosophische Manuskripte, MEGA² I/2, Dietz, Berlin 1982, p. 325 ; tr. fr. d’Émile Bottigelli, in Marx, Manuscrits de 1844, Éditions Sociales, 1972, p. 2.
Durement touchée par la censure et par la dissension entre Marx et Arnold Ruge, l’autre codirecteur, cette publication parut en un unique numéro en février 1844.
Cf. Marcello Musto, « Marx à Paris : la critique de 1844 », in id., Sulle tracce di un fantasma. L’opera di Karl Marx tra filologia et filosofia, Manifestolibri, Roma 2005, p. 161-78.
Le Nachlaß de Marx contient près de deux cents cahiers de notes, essentielles pour la connaissance et la compréhension de la genèse de sa théorie et des parties de celle-ci qu’il n’eut pas le loisir de développer comme il l’aurait voulu. Les extraits conservés, qui couvrent la longue période de 1838 à 1882, sont écrits en huit langues – allemand, grec ancien, latin, français, anglais, italien, espagnol et russe – et touchent aux disciplines les plus variées. Ils furent tirés de textes de philosophie, d’art, de religion, de politique, de droit, de littérature, d’histoire, d’économie politique, de relations internationales, de technique, de mathématiques, de physiologie, de géologie, de minéralogie, d’agronomie, d’ethnologie, de chimie et physique ; en plus d’articles de quotidiens et revues, compte rendus parlementaires, statistiques, rapports et publications d’officines gouvernementales.
Puisqu̓en 1844 Marx ne connaissait pas encore l’anglais, durant cette période il lut les livres anglais en traduction française.
Ces extraits sont compris dans les volumes Karl Marx, Exzerpte und Notizen. 1843 bis Januar 1845, MEGA² IV/2, Dietz, Berlin 1981 et Karl Marx, Exzerpte und Notizen. Sommer 1844 bis Anfang 1847, MEGA² IV/3, Akademie, Berlin 1998 ; tr. it. parz. La scoperta dell’economia, Editori Riuniti, Roma 1990.
Karl Marx, Ökonomisch-philosophische Manuskripte, MEGA² I/2, op. cit., p. 364-5 ; tr. fr. Manuscrits de 1844, op. cit., p. 57.
Heinrich Burgers, automne 1844 – hiver 1845, in Hans Magnus Enzensberger (ed.), Gespräche mit Marx und Engels, Insel, Frankfurt am Main 1973, p. 46 ; tr. it. Colloqui con Marx e Engels, Einaudi, Torino 1977, p. 41.
Friedrich Engels à Karl Marx, début octobre 1844, in MEGA² III/1, Dietz, Berlin 1975, p. 245 ; trad. fr. sous la responsabilité de G. Badia et J. Mortier, in Marx-Engels, Correspondance, tome I, Éditions Sociales, Paris 1971, p. 339.
En réalité, Engels n’a contribué à la rédaction que pour une dizaine de pages.
Friedrich Engels à Karl Marx, 20 janvier 1845, in MEGA² III/I, op. cit. p. 260 ; trad. fr., op. cit., p. 355.
Marx Engels Werke, Band 27, Dietz, Berlin 1963, p. 669, note 365 ; tr. it. in Marx Engels Opere, vol. XXXVIII, op. cit., p. 666, nota 319.
Karl Marx, Karl Marx alla pubblica sicurezza di Bruxelles, 22 mars 1845, in Marx Engels Opere, vol. IV, Editori Riuniti, Roma 1972, p. 664.
Cf. Karl Marx, Über Friedrich Lists Buch « Das nationale System der politischen Ökonomie «, « Beiträge zur Geschichte der Arbeiterbewegung », Jg. 14. H. 3. (1972), p. 425-446 ; tr. it. A proposito del libro di Friedrich List « Das nationale System der politischen Ökonomie », in Marx Engels Opere, vol. IV, op. cit., p. 584-614.
Tous ces extraits se trouvent dans le volume Karl Marx, Exzerpte und Notizen. Sommer 1844 bis Anfang 1847, MEGA² IV/3, op. cit.
Karl Marx, Piano della « Biblioteca delle più eccellenti scrittori socialisti stranieri », Marx Engels Opere, vol. IV, op. cit., p. 659.
Ces extraits sont compris dans le volume Karl Marx – Friedrich Engels, Exzerpte und Notizen. Juli bis August 1845, MEGA² IV/4, Dietz, Berlin 1988, ici inclus les [Cahiers de Manchester]. On note de plus qu’à partir de cette période Marx commença à lire directement en anglais.
Ces extraits, compris dans les [Cahiers de Manchester] VI – IX, sont encore inédits.
Karl Marx, Erklärung gegen Karl Grün, MEW vol. 4, Dietz, Berlin 1959, p. 38 ; tr. it. Dichiarazione contro Karl Grün, Marx Engels Opere, vol. VI, Editori Riuniti, Roma 1973, p. 73.
Karl Marx à Carl Wilhelm leske, 1er août 1846, in MEGA² III/2, Dietz, Berlin 1979, p. 22 ; trad. fr., op. cit., p. 397.
Friedrich Engels, Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie, MEW vol. 21, Dietz, Berlin 1962, p. 263 ; tr. fr. de G. Badia, in F. Engels, Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, Éditions Sociales, Paris 1976, p. 5. En réalité Engels utilisa cette expression dès 1859, dans la recension du livre de Marx Critique de l’économie politique, mais cet article n’eut aucun écho et le terme ne commença à se répandre que suite à la publication de Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande.
Karl Marx à Carl Wilhelm Leske, 1er août 1846, in MEGA² III/2, op. cit., p. 24 ; trad. fr., op. cit., p. 397.
Georg Weerth à Wilhelm Weerth, 18 novembre 1846, in Hans Magnus Enzensberger (ed.), op. cit., p. 68-69 ; tr. it. Colloqui con Marx e Engels, Einaudi, Torino 1977, p. 58-9.
Ces extraits constituent le volume Karl Marx, Exzerpte und Notizen. September 1846 bis Dezember 1847, MEGA² IV/6, Dietz, Berlin 1983.
Karl Marx à Pavel Vassiliévitch Annenkov, 28 décembre 1846, in MEGA² III/2, op. cit., p. 70 ; tr. fr. op. cit., p. 447.
Karl Marx – Friedrich Engels, Manifest der Kommunistischen Partei, MEW vol. 4, op. cit., p. 461-62 ; tr. fr. de G. Cornillet, in Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste, Messidor, Éditions Sociales, Paris 1986, p. 51 et 53.
Karl Marx, Lohnarbeit und Kapital, MEW vol. 6, Dietz, Berlin 1959, p. 398 ; tr. it. de M. Fagard, in Karl Marx, Travail salairé et capital, Messidor Éditions sociales, Paris 1985, p. 62-63.
Karl Marx à Friedrich Engels, 23 août 1849, in MEGA² III/3, Dietz, Berlin 1981, p. 44 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 30.
Karl Marx, Die Klassenkämpfe in Frankreich 1848 bis 1850, MEW vol. 7, Dietz, Berlin 1960, p. 97 ; cf. Les Luttes de classes en France 1848-1850, Éditions Sociales, Paris 1974, p. 158.
Karl Marx – Friedrich Engels, Ankündigung der « Neuen Rheinischen Zeitung. Politisch-ökonomische Revue «, MEGA² I/10, Dietz, Berlin 1977, p. 17 ; tr. it. [Annuncio de la « Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökonomische Revue »], Marx Engels Opere, vol. x, op. cit., p. 5.
Karl Marx à Joseph Weydemeyer, 19 décembre 1849, in MEGA² III/3, op. cit., p. 51-2 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 37.
Karl Marx, Die Klassenkämpfe in Frankreich 1848 bis 1850, MEW vol. 7, op. cit., p. 98 ; cf., Les Luttes de classes en France 1848-1850, op. cit., p. 159.
Karl Marx – Friedrich Engels, Revue. Januar/Februar 1850, MEGA² I/10, op. cit., p. 218 ; tr. it. Rassegna (janvier – février 1850), Ivi, op. cit., p. 263-4.
Karl Marx – Friedrich Engels, Revue. März/Apr1850, Ivi, p. 302-303 ; tr. it. Rassegna (marzo — avril 1850), Ivi, p. 341.
Karl Marx – Friedrich Engels, Ivi, p. 304 ; tr. it. Ivi, p. 342.
Karl Marx – Friedrich Engels, Revue. Mai bis Oktober 1850, Ivi, p. 455 ; tr. it. Rassegna (mai-octobre 1850), Ivi, p. 509.
Karl Marx – Friedrich Engels, Ivi, pp. 459-60 ; tr. it. Ivi, p. 514-5.
Karl Marx – Friedrich Engels, Rezensionen aus Heft 4 der „Neuen Rheinischen Zeitung. Politisch-ökonomische Revue «, Ivi, p. 283 ; tr. it. Ivi, p. 319.
Karl Marx – Friedrich Engels, Revue. Mai bis Oktober 1850, Ivi, pp. 485-6 ; tr. it. Rassegna (mai-octobre 1850), Ivi, p. 543-544.
Voir à ce sujet les considérations posthumes de Friedrich Engels in Einleitung zu Karl Marx’„Die Klassenkämpfe in Frankreich 1848 bis 1850 «, in MEW vol. 22, Dietz 1963, p. 511 ; cf., Les luttes de classes en France 1848-1850, op. cit., p. 13 : « Ce fut une épreuve décisive. Tandis que dans les trois premiers articles (parus dans les fascicules de janvier, février et mars de la Neue Rheinische Zeitung, revue d’économie politique, Hambourg, 1850) passe encore l’espoir d’un nouvel essor prochain de l’énergie révolutionnaire, le tableau historique du dernier fascicule double (de mai à octobre) paru en automne 1850 et qui fut composé par Marx et par moi, rompt une fois pour toutes avec ces illusions. » Un témoignage encore plus significatif est contenu dans les procès-verbaux de la session du comité central de la ligue des communistes du 15 septembre 1850. En effet, en s’y référant aux positions communistes allemandes d’August Willich et Karl Schapper, Marx affirma : « On donne de l’importance, comme fait fondamental dans la révolution, non aux rapports réels, mais à la volonté. Alors que nous disons aux ouvriers: vous devez attendre 15, 20, 50 années de guerre civile, pour changer les rapports, pour vous rendre vous-mêmes capables de prendre le pouvoir, alors qu’ils disent : nous devons aller au pouvoir immédiatement, ou nous pouvons nous mettre à dormir. », in Marx Engels Opere, Vol. X, op. cit., p. 627.
Cf. Friedrich Engels in Einleitung zu Karl Marx’„Die Klassenkämpfe in Frankreich 1848 bis 1850 «, in MEW vol. 22, Dietz 1963, p. 513 ; cf., Les luttes de classes en France 1848-1850, op. cit., p. 16 : « La démocratie vulgaire attendait le nouveau déclenchement du jour au lendemain ; dès l’automne de 1850, nous déclarions que la première tranche au moins de la période révolutionnaire était close et qu’il n’y avait rien à attendre jusqu’à l’explosion d’une nouvelle crise économique mondiale. C’est pourquoi nous fûmes mis au ban comme des traîtres à la révolution par les mêmes gens qui, par la suite, ont fait presque sans exception leur paix avec Bismarck. »
Karl Marx à Friedrich Engels, 11 février 1851, in MEGA² III/4, Dietz, Berlin 1984, p. 38 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 138.
Karl Marx à Friedrich Engels [Post-scriptum de Wilhelm Pieper], 27 janvier 1851, in MEGA² III/4, op. cit., p. 17 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 120.
Karl Marx à Friedrich Engels, 11 février 1851, in MEGA² III/4, op. cit., p. 37 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 138.
Friedrich Engels à Karl Marx, 13 février 1851, in MEGA² III/4, op. cit., pp. 42-3 ; tr. fr., op. cit., vol. II, p. 144.
1. 들어가는 말
소외는 20세기에 가장 중요하게 또 널리 논쟁 되었던 주제 중의 하나다. 그 리고 카를 마르크스의 이론화가 이 논쟁들에서 핵심 역할을 했다. 하지만, 일반 적인 생각과는 달리 소외 개념 자체는 직선적으로 발전하지 않았고, 이전까지 알려지지 않았던 마르크스의 소외에 대한 사고를 담은 원고들이 출판되면서 이 이론상의 변화와 확대에 중요한 역할을 했다. 소외라는 용어의 의미는 20세기를 거치며 여러 차례 변했다. 신학 담론에서 소외는 인간과 신과의 거리를 일컬었다. 사회계약론에서는 개인의 원초적 자유 가 상실되는 것을 의미했다. 그리고 영국 정치경제학에서는 재산소유권의 이전 을뜻했다. 소외에대한체계적인철학적입장은G.W.F. 헤겔에서처음나타 났다. 『정신현상학』(1807)에서 헤겔은 ‘entäusserung(말 그대로 자기외부화 혹은 자기포기)’와 ‘entfremdung(疎遠)’이라는 용어를 사용하여 정신이 객관성 영역에 서자신이아닌것으로되는것을표현했다. 소외문제전체는계속주로좌파 헤겔주의자들의 저술들에서 다뤄졌다. 그리고 루트비히 포이어바흐가 『기독교 의 본질』(1841)에서 종교적 소외 이론을 다뤘는데, 인간이 자신의 실재를 상상 속의신에게투영한다고주장하여소외이론발전에크게기여했다. 그후소외 는 철학적 사고에서 사라졌다. 19세기 후반기 동안 어떤 주요 사상가들도 소외 에큰관심을보이지않았다. 심지어마르크스도살아있는동안출판한저작들 에서 소외라는 용어를 거의 사용하지 않았고 제2인터내셔널(1889-1914) 마르크 스주의에서는 전혀 나타나지 않았다.
그러나 이 시기 동안 몇몇 사상가들이 나중에 소외와 연결되는 개념들을 발 전시켰다. 에밀 뒤르켕은 『사회분업론』과 『자살론』에서 노동분업이 거대하게 확대되면서 사회적 결속을 보장하던 규범들이 위기에 이르는 일련의 현상들을 나타내는 ‘아노미(anomie)’라는 용어를 사용했다. 또한, 생산과정에 거대한 변화 를 수반하는 사회적 동향이 독일 사회학자들의 사고에 근간을 이뤘다. 게오르 크 지멜은 『화폐의 철학』(1900)에서 개인들을 압도하는 사회 제도들과 인간관 계에서의 점증하는 비인간화(impersonality)에 큰 주의를 기울였다. 한편, 막스 베 버는 『경제와 사회: 공동체들』(1922)에서 사회 내 ‘관료화’ 현상과 인간관계에 서의 ‘합리적 계산(rational calculation)’ 현상에 대해 썼는데, 그는 이 두 가지를 자본주의의 핵심이라고 생각했다. 그러나 이 저자들은 소외를 멈출 수 없는 흐 름으로 보았다. 그들은 현존 사회 정치 질서를 개선하고자 하는 희망에 의해 이끌린 것이지, 존재하는 질서를 새로운 것으로 대체하려는 것은 전혀 아니었 던 것이다.
2. 소외의 재발견
소외이론은 죄르지 루카치에 의해 재발견되었다. 그의 책 『역사와 계급의식 』(1923)은 마르크스의 『자본론』(1867)의 특정 구절들, 특히 ‘물신숭배’에 대한 장을 언급했다. 그리고 ‘물화(Reification)’라는 용어를 사용해 노동 행위가 인간 을 대상화하고 외부의 자율적 법칙을 통해 인간으로부터 독립해 인간을 지배 하는 현상을 묘사했다. 하지만, 그 핵심에서 루카치의 이론은 물화를 구조적으 로 주어진 것으로 생각했기 때문에 여전히 헤겔 이론과 비슷했다. 훨씬 나중에 프랑스 번역판(Lukács, 1960)이 출간된 이후 그의 이론이 학생들과 좌파 활동가 들 사이에 광범위한 반향을 얻게 되자 루카치는 장문의 자기비판이 담긴 서문 (1967)을 달아 재출판하기로 결정한다. 그 서문에서 그는 “『역사와 계급의식』은 헤겔처럼 소외와 대상화(objectification)를 지나치게 동일시했다”(Lukács, 1971)고 설명했다.
1920년대 이 주제에 집중했던 또 다른 저자는 이삭 루빈이었다. 그는 『마르 크스의 가치론에 대한 논설』(1928)에서 물신숭배이론이 “마르크스의 경제체계 전체와 특히 가치론의 근간”(Rubin, 1972)을 이룬다고 주장했다. 이 러시아 저자 의 입장에 따르면 사회적 관계의 ‘물화(Reification)’가 “상품, 즉 자본주의 경제의 실제(real fact)”이며(Rubin, 1972: 28) 이는 “단지 생산관계의 ‘신비화’ 혹은 ‘환상’ 뿐 아니라 ‘물질화’와 연관돼 있다. 이것은 현대 사회경제 구조의 특징 중 하나 다. …물신숭배는단지사회적의식을나타내는현상일뿐아니라사회적존재 를 나타내는 현상이기도 하다”(Rubin, 1972: 59). 이 글들을 썼던 시대를 고려했을 때 탁월한 선견지명과 통찰력에도 불구하 고 루빈의 저작은 마르크스 소외이론과 유사점이 크다는 이유로 주목을 받지 못했다. 루빈의 입장은 서방에서 그의 책이 1972년 영어로 (그리고 영어에서 다 른 언어들로) 번역된 이후 주목받기 시작했다.
마침내 소외 개념이 혁명적으로 확산되기 시작한 결정적인 계기는 이전에 출판되지 않았던 마르크스 청년기 저작 『1844년 경제학 철학 수고』가 1932년 출판된 것이었다. 이 책은 순식간에 20세기 동안 가장 널리 번역되고 배포되고 토론된철학저서중하나가되었다. 이책은마르크스의경제학사상이구축되 던중요한시기동안, 즉정치경제학이성립될때소외이론이중심역할을 했다는 것을 보여 주었다.1) 마르크스는 소외된 노동(entfremdete Arbeit)2)이라는 범주를 통해 소외 문제를 철학, 종교, 정치 영역에서 물질생산의 경제 영역으로 까지 확대했을 뿐 아니라 경제 영역이 다른 영역에서의 소외를 이해하고 극복 하는 데 핵심이라는 것을 보여줬다. 『1844년 경제학 철학 수고』에서 소외는 “생산자로부터 독립된 하나의 독립적인 힘, 하나의 낯선 존재”로 노동생산물이 노동자들과 대립하는 현상으로 제시되었다. 그의 생산물 속에서 노동자 소외가 지니는 의미는 그의 노동이 하나의 대상, 하나의 외적 실존으로 된다는 것뿐 아니라, 그의 노동이 그의 외부에, 그로부터 독립되어, 그에게 낯설게 실존하며, 그에게 대립하는 자립적인 힘이 된다는 것, 즉 그가 대상에게 부여했던 생명이 그에게 적대적이고 낯설게 대립한다는 것이 기도 하다(Marx, 1992b: 324).
이 일반적인 정의와 더불어 마르크스는 노동자가 부르주아 사회에서 겪는 소외의 네 가지 형태를 나열했다. (1) “자신을 압도하는 힘을 지닌 낯선 물건”인 자신의 노동이 창출한 생산물로부터 소외, (2) “직접적으로 자기 자신에게 적대 적”이며 “자신에게 속하지 않은”(Marx, 1992b: 77) 자신의 노동 행위로부터 소 외, (3) “자신에게 낯선 존재”로 변한 “인간이라는 유(類)적 존재”로부터 소외, (4) 다른 인간들, 그들 노동에 대한 관계, 그리고 그들 노동의 대상으로부터 소 외(Marx, 1992b: 80)3)가 그것이다.
헤겔과 달리 마르크스에게 소외는 대상화 그 자체와 유사한 것이 아니라 임 금노동과 노동생산물이 생산자들과 적대하는 대상으로 변하는 특정 경제 형태 내의특정한현상이었다. 이두입장이가지는정치적차이는매우크다. 헤겔 이 소외를 노동의 존재론적 표현이라고 본다면, 마르크스는 소외를 자본주의라 는 특정한 생산 시대의 특징이라고 여겼고 이 소외는 “사유재산으로부터 사회 를 해방시키는 것을 통해” 극복할 수 있다고 생각했다(Marx, 1992b: 83). 마르크 스는 제임스 밀의 『정치경제학 요소』에 대한 발췌를 담은 수고에서도 비슷한 주장을 했다.
노동은 자유로운 표현이고 따라서 삶의 즐거움이 될 수 있다. 사유재산제도 아래서는 생존을 위해, 생존의 수단을 구하기 위해 일하기 때문에 노동은 삶의 소외다. 나의노동은삶이아니다. 더욱이나의노동은나의삶이될수있기에, 노동을통해내개성의특수한성격이확인될수있다. 노동은참되고활동적인 자산이될수있다. 사유재산제도아래서는내개성은내가노동을혐오하는수 준까지내개성이소외되고노동은나에게고문이다. 노동은사실더이상활동 의 외양에 지나지 않고 바로 이런 이유로 노동은 내적 필요에 의해서가 아니라 외부의 강제적 요구에 의해 부과된 강제노동일 뿐이다(Marx, 1992c: 278). 이렇듯 심지어 단편적이고 때때로 주저하는 듯한 초기 저작들에서조차 마르 크스는 항상 소외를 자연적인 것이 아니라 역사적 관점에서 논했다.
3. 비(非)마르크스주의자들의 소외 개념들
그러나 역사적, 비존재론적인 소외개념이 다시 부상하는 데는 많은 시간이 걸렸다. 20세기 초, 소외 현상을 다룬 저자들 대부분은 소외를 인간 존재의 일 반적 양상이라고 여겼다. 예를 들어, 마틴 하이데거는 『존재와 시간』(1927)에서 소외를 순수하게 철학적 개념으로 접근했다. 그의 소외 현상학에서 하이데거가 사용한 범주는 ‘전락(fallenness)’인데, 인간 존재를 존재론적으로 구성하는 현존 재(Being-There, Dasein)가 참되지 않은 주변세계에 순응하여 그 자체를 잃어버리 는 것을 뜻한다. 하이데거에게 “세계로 전락한다는 것은 서로 함께 존재(Being- with-one-another)하는 것을 의미하며 서로 함께 존재하는 것은 잡담, 호기심 그 리고 애매함에 의해 이끌린다”. 이는 마르크스의 이론적 전제의 핵심이었던 공 장 노동자들의 조건과는 매우 다르다. 특히 하이데거는 이 ‘전락’을 “나쁘고 개탄스러운 존재론적 상황으로, 아마도 인간문명의 더욱 발전한 단계에서는 없 앨 수 있는” 것으로 여기지 않았으며 오히려 “세계내존재(Being-in-the- world)의 실존주의적 모습으로, 존재론적 특징”(Heidegger, 1962: 220-221)4)으로 보았다. 하 이데거를 좋아하지 않았던 허버트 마르쿠제는 마르크스의 저서들을 잘 알고 있었는데, 소외를 자본주의 생산관계의 표현이 아니라 대상화 그 자체와 동일 시했다. 1933년 출판한 한 논문에서 그는 “노동의 고됨이라는 특성은”(Marcuse, 1973: 25) 단지 “특정한 사회기술적 노동구조 속에서 수행되는 노동의 특정 조 건”(Marcuse, 1973: 16-17)에 기인한다고 볼 수 없으며 노동의 근본적인 특징 중 의 하나라고 보아야 한다고 주장했다.
기계 옆에 서 있건, 기술적 계획을 세우건 조직적 수단들을 고려하며, 과학적 문제들을 조사하고, 사람들에게 지시를 내리는 등 노동에서 노동자는 항상 ‘사물 (the thing)과 함께’다. 인간의 행위에서 심지어 자신이 자신의 대상을 통제할 때 조차 인간은 사물의 지시를 지키고 자신을 복속시키고 사물의 법칙을 따른다. … 각각의 경우에 인간은 ‘자신과 함께’가 아니다. … 심지어 이런 행동이 자신의 자유롭다는 삶에서 진행된다고 해도 인간은 ‘자신이 아닌 것’과 함께이다. 이런 인간 존재의 외재성과 소외는 … 근본적으로 제거할 수 없다(Marcuse, 1973: 25).
마르쿠제는 “인간 존재의 중요한 핵심”에 속하는 “근원적으로 부정적인 노 동행위”(Marcuse, 1973)가 있다고 했다. 따라서 소외에 대한 비판은 테크놀로지 와 노동 일반에 대한 비판이 되었고 소외의 극복은 인간들이 생산활동에서는 부정되는 자유를 획득하는 유희의 순간에만 가능한 것이라고 여겨졌다. “공을 한번쳐올렸을때, 노는사람은기술적노동의가장강력한성취와는비교할 수 없이 높게, 대상화(objectification)를 뛰어넘는 인간 자유의 승리를 성취한 다”(Marcuse, 1973: 14-15).『에로스와 문명』(1955)에서 마르쿠제는 인간해방은 오직 노동의 종말과 리 비도(libido)의 실현, 그리고 사회관계속에서의 유희를 통해서만 성취될 수 있다 고 주장하여 마르크스의 소외 개념과는 확연히 다른 입장을 취했다. 마르쿠제 는 생산수단의 공동소유에 기반을 둔 사회에서 소외를 해결할 수도 있다는 가 능성을 폐기했다. 임금노동뿐 아니라 노동 일반이
인구 대다수가 통제하지 못하고 개인들이 생존하기를 바란다면 반드시 따라 야 하는 개인들과는 독립적인 권력을 행사하는 어떤 기관을 위한 일이다. 그리고 노동은 노동분업이 전문화될수록 더욱 소외된다. 희열 없이 그리고 즐거움의 원 칙과 반대인 … 소외 속에서 인간들은 일한다(Marcuse, 1966: 45).
인간들이 저항해야 할 가장 근본적인 상식은 사회에 의해 부과된 ‘수행원칙’ 이다. 마르쿠제의 눈에는
성(sexuality)과 문명 사이의 갈등이 지배의 발전과 함께 나타났다. 수행원칙의 지배아래몸과마음은소외된노동의도구가되었다. 몸과마음은인간유기체 의 본 모습인 리비도적인 주체-객체의 자유를 욕망하는 것을 포기할 때 이런 도 구로 기능한다. … 인간은 소외된 수행을 위한 도구로 존재한다(Marcuse, 1966: 46-47).5)
따라서 물질생산이 평등하고 합리적으로 조직되더라도 “노동은 결코 자유와 희열의 영역이 아니다. 자유와 성취를 규정하는 것은 노동 밖의 영역이 다”(Marcuse, 1966: 156). 마르쿠제의 대안은 마르크스에게는 중요한 프로메테우 스 신화를 폐지하고 디오니소스의 관점에 다가가는 것이다. 즉, “에로스의 해 방”(Marcuse, 1966: 155)이다. 『문명과 그 불만』(1929)에서 비억압적인 사회조직 은 인간관계에서 확보된 문명 수준을 위험하게 퇴보시킬 것이라고 한 프로이 드와는 달리, 마르쿠제는 본능의 해방이 기술적으로 선진적인 “자유사 회”(Marcuse, 1966: 198)에서 인류에 봉사하는 방식으로 이뤄진다면 이는 진보의 행진을 위해서 유리할 뿐 아니라 “새롭고 지속가능한 노동관계”(Marcuse, 1966: 155)6)를 창조할 수 있다고 확신했다. 하지만, 어떻게 새로운 사회가 도래할 것 인지에 대한 그의 주장은 분명하지 않았고 유토피아적이었다. 마르쿠제는 기술 지배 일반에 반대하는 것으로 결론을 맺었다. 따라서 그의 소외에 대한 비판은 더는 자본주의 생산관계를 직접 겨냥하지 않았고, 사회변화에 대한 그의 생각 은 매우 비관적이어서 노동계급을 자본주의체제를 수호하는 주체로 보았다.
프랑크푸르트학파의 두 주요 인물, 막스 호르크하이머와 테오도르 아도르노 역시 극심한 사회통제와 대중매체에 의한 필요의 조작을 통하여 일반화된 소 원(estrangement)에 대한 이론을 발전시켰다. 『계몽의 변증법』(1944)에서 그들은 “기술적 원리는 지배의 원리 그 자체다. 기술적 원리는 사회 자체로부터 소외 된 사회의 폭력적 성격이다”(Horkheimer and Theodor: 121)라고 주장했다. 이것이 의미하는 것은 현대자본주의에서 심지어 자유롭고 일하지 않는 여가시간의 영 역도 재생산 메커니즘에 흡수되었다는 것이다. 제2차 세계대전 이후 소외 개념은 정신분석학에서 길을 찾았다. 정신분석학 으로소외개념을다룬이들은, 인간이자연과문화중하나를선택해야하며 문명의 안전을 보장받기 위해 인간은 반드시 필수적으로 자신의 충동을 버려 야 한다는 프로이드의 이론에서 출발했다(Freud, 1962: 62). 일부 심리학자들은 이 갈등이 유발하는 선택의 결과로 특정 개인들에게 나타나는 정신병을 소외 와 연결시켰다. 그래서 모든 광범한 소외 문제는 단지 주관적인 현상으로 축소 되었다.
정신분석학으로 소외를 가장 본격적으로 다룬 저자는 에리히 프롬이었다. 다른 정신분석학자들과 달리 그는 소외의 발생을 자본주의 역사적 맥락과 결 코 분리시키지 않았다. 그의 책 『건전한 사회』(1955)와 『에리히 프롬, 마르크스 를 말하다』(1961)에서 그는 소외개념을 정신분석학과 마르크스주의 사이의 가 교를 놓기 위해 사용했다. 그러나 프롬도 마찬가지로 언제나 주관성에 강조의 중심을 두었고, “개인들이 자신을 이방인으로 체험하는 경험의 양상”(Fromm, 1965a: 111)이라고 자신이 요약한 그의 소외 개념은, 초점이 개인들로 너무 협 소하게 맞춰져 있었다. 더욱이 마르크스의 소외 개념에 대한 그의 이해는 오직 『1844년 경제학 철학 수고』에만 기반을 두고 있어서 마르크스의 사고에서 소 외된 노동이 가지는 특별함과 중심성을 제대로 이해하고 있지 못했다. 이 빈틈 때문에 프롬은 (노동자들이 노동과정에서 또 노동생산물과 관련하여 체험하는) 객 관적 소외에 마땅한 무게를 실지 못했고, 그로 하여금 솔직하지 못하게도 근본 적인 구조적 관계들에 대해 무시하는 입장으로 나아가게 했다.
마르크스는 노동계급이 가장 소외받는 계급이라고 믿었다. … [마르크스]는 소외가 대다수 인민들의 운명이 될 것이라고 예상하지는 못했다. … 오늘날 점원, 세일즈맨, 경영자가 숙련 육체노동자보다 더 소외되어 있다. 숙련 육체노동자의 기능은 계속해서 숙련도, 신뢰성 등과 같은 특정한 개인적인 특성에 기반하고 있다. 그리고 그는 그의 ‘개성’, 미소, 거래상의 판단을 팔도록 강요당하고 있지 않다(Fromm, 1961: 56-57).7)
비(非)마르크스주의 소외 이론 중의 중요한 흐름 하나는 장 폴 사르트르와 프랑스 실존주의자들과 연결돼 있다. 사실 1940년대는 전쟁의 공포가 아로새 겨져 있었고 양심의 위기(crise de conscience)로 인해 소외 개념이 부분적으로는 알렉산드르 코제브의 신헤겔주의(Kojève, 1980: 86)의 영향 아래 철학과 서사문 학 모두에서 재부상했다. 그러나 다시금 소외 개념은 마르크스의 사고에 비해 훨씬보편적인것, 사회속인간의광범한불만과동일한것, 개별인간과경험 세계에서 분리된 것이 되었고, 그리하여 극복할 수 없는 인간 조건(condition hu- maine)이 되었다. 실존 철학자들은 소외의 사회적 기원을 제시하지 않고 소외를 필연적으로 모든 ‘사실성(facticity)’(당연히 소련의 실패 경험이 이런 관점을 강화 시켰다)과 인간 타자성(humna otherness)에 밀접한 관련이 있다고 보았다. 1955년 장 이폴리트는 실존주의 경향의 가장 중요한 저작 중의 하나에서 이 입장을 이렇게 표현했다.
[소외]는 마르크스가 이해했던 것처럼 자본주의 아래 인간 소외 개념으로 환 원할 수 없어 보인다. 이는 고립된 존재(cogito)로 여겨질 수 없는 더 보편적인 인간의자기의식성의한특정사례에불과하다. 그자기의식성은스스로를그 것을 구성하는 언어 속에서만 그리고 자기가 인식하고 또 때때로 의절하기도 하 는다른존재속에서만인식할수있다. 하지만, 타자를통해자신을발견하는 이런 방식, 즉 대상화는 항상 자신을 잃어버리고 동시에 자신을 발견하는 소외이기 도하다. 따라서대상화와소외는분리할수없고둘의결합은단순히역사의 모든 순간에서 발견되는 변증법적 긴장의 표현이다(Hyppolite, 1969: 88).
마르크스는 자본주의 생산관계를 반대하는 것에 기반해 인간의 예속화에 대 한 비판을 발전시켰다. 실존주의자들은 자신들의 접근에 유용할 것으로 생각한 마르크스 입장 일부를 구체적인 역사적 비판이라곤 없는 단순히 철학적 논쟁 속으로 흡수하려고 함으로써 정반대의 길을 걸었다(Mészáros, 1970: 241).
4. 마르크스의 소외에 대한 초기 저작 논쟁
프랑스에서 발전한 소외논쟁에서 마르크스의 이론은 큰 주목을 받았다. 하 지만 『1844년 경제학 철학 수고』만 주로 언급되었고 심지어 루카치가 그의 물 화(reification) 이론을 구축할 때 참고했던 『자본론』의 내용도 거론되지 않았다. 더욱이 논자들은 『1844년 수고』의 몇몇 문장들을 전체 맥락에서 떼어내 선정적 으로 인용하였다. 그리고 (대개 『자본론』은 읽지도 않은 채) 『자본론』의 경제결정 론을 비판하며, 그것과는 매우 다른 자유롭고 철학적인 ‘새로운 마르크스’가 존 재한다는 것을 입증하려고 했다. 『1844년 수고』에 기반해 프랑스 실존주의자들 은 노동자들의 인간 유(類)로부터 그리고 다른 노동자들로부터의 자기소외 (Selbstentfremdung) 개념을 대단히 강조했다. 그런데 이 현상들에 대해 마르크스는 초기 저작에서 논의할 때마다 항상 객관적 소외와의 연관 속에서 논의했다.
똑같은 분명한 실수가 전후 주도적인 정치이론가 중의 하나인 한나 아렌트 에게서도 나타났다. 심지어 『인간의 조건』(1958)에서 그녀는, 마르크스가 『1844 년 수고』에서 언급한 소외 형태 중 주관적인 소외 하나만 분리해 자신의 입장 을 도출했다. 그래서 그녀는 이렇게 주장했다. 수탈(expropriation)과 세계소외는 동시에 발생한다. 무대의 모든 배우들의 의도 를 철저히 무시하는 현대(the modern age)는 세계로부터 인구의 특정 계층들을 소외시키는 것으로 시작됐다. … 그리고 마르크스가 생각했던 자기소외가 아닌 세계소외가 현대의 특징이 되었다(Arendt, 1958: 253-254).
그녀가 마르크스의 원숙기 저작들에 대해 친숙하지 않았다는 증거는, 마르 크스가 “자본주의 경제 내 세계소외의 함의를 전혀 모르지는 않았다”고 인정하 며 그녀가 언급한 것이 단지 마르크스의 아주 초기 저널 기사인 “목재 절도 단속법에 대한 논쟁”(1842)일 뿐, 『자본론』의 훨씬 더 중요한 수많은 해당 페이 지들이나 그 이전의 예비적 수고들에 대해서는 언급하지 않았다는 데서 드러 난다. 그래서 그녀는 다음과 같은 놀라운 결론을 내린다. “가끔 보이는 이런 인식은 마르크스 저작에서 작은 역할만 하고 있으며 마르크스의 저서의 내용 은 현대의 극단적인 주관론에 단단히 뿌리내리고 있다”(Arendt, 1958: 254). 어디 서 또 어떻게 마르크스가 자본주의 사회에 대한 분석에서 ‘자기소외’를 우선시 했는지는 아렌트가 그녀의 저서들에서 전혀 해명한 바가 없으므로 여전히 미 스터리로 남아 있다.
『1844년 수고』의 소외이론은 1960년대 벌어진 마르크스 저작들의 폭넓은 해 석을 둘러싼 논쟁의 중심이 되었다. 이때 초기 마르크스와 후기 마르크스 사이 를 확실히 구분해야 한다는 주장이 나왔다. 초기와 후기 마르크스를 임의적이 고 인위적으로 대립시키는 이 주장을, 초기의 철학 저서들을 선호하는 사람들 과 『자본론』의 마르크스만이 유일한 마르크스라는 사람들(루이 알튀세르와 러 시아 학자들) 모두 옹호했다. 전자의 경우 『1844년 수고』의 소외이론을 마르크 스 사회이론의 가장 중요한 부분이라고 생각한 반면, 후자의 사람들은 종종 진 정한 ‘소외 혐오증’을 표출하며 처음에는 그 의의를 축소하려 하다가8) 이 전략 이더이상가능해지지않자, 소외라는주제전체가“젊은시절의무분별한헤 겔주의의 잔재”(Schaff, 1980: 21)로, 마르크스가 나중에 폐기했다고 깎아내렸다. 전자에 속한 학자들은 『1844년 수고』는 마르크스가 그의 주요 연구를 시작했 던 26살에 쓴 것이라고 반박했다. 반면 후자 쪽에서는 새로 출판된 마르크스의 저서들을 통해 마르크스가 소외이론에 대한 관심을 잃은 바가 없고 평생 연구 의 주요 단계들에서 [소외 이론이] 중요한 위치를 차지했다는 것이 분명해졌어 도, 여전히 마르크스 소외이론의 중요성을 받아들이기를 거부하고 있었다.
많은 이들이 그러는 것처럼 『1844년 수고』의 소외 이론을 마르크스 사상의 핵심 주제로 여기는 것은 명백히 잘못된 것으로, 이는 단지 마르크스 저작들에 대한 무지를 드러내는 것일 뿐이다.9) 반면 새로 출판된 소외에 대한 내용으로 마르크스가 세계적으로 철학 저술들에서 가장 자주 토론되고 인용되는 저자가 되었을때, 이모든논의에대한소련의침묵과이침묵의의미에대한논란은, 소련에서 마르크스의 저작들이 어떻게 도구적 필요로 사용되었는지에 대한 확 실한 사례를 보여준다. 소련과 그 위성국가들에서 소외가 존재한다는 것은 즉 각 부정되었고 소외 문제와 관련된 모든 글은 의혹을 샀다. 앙리 르페브르(H. Lefebvre)는 이렇게 말했다. “소련 사회에서 소외는 더 이상 이슈가 되어서도 안 되고될수도없다. 국가적이유로위로부터의명령에의해이개념은사라질 수밖에 없었다”(Lefebvre, 1991: 53). 따라서 1970년대까지 ‘사회주의 진영’의 아 주 소수의 저자만이 소외논의에 관심을 가졌다.
잘 알려진 서방의 몇몇 저자들도 이 현상의 복잡성을 경시했다. 예를 들어 루시앙 골드만(L. Goldmann)은 당시의 사회경제적 조건들에 의해 소외가 극복 될 수 있다고 생각했다. 『변증법 연구』(1959)에서 그는 소외가 단순히 계획의 영향으로 사라지거나 퇴색될 것이라고 주장했다. 그는 “물화는 사실 계획의 부 재와 시장을 위한 생산에 밀접하게 관련이 있”으며 동구에서는 소비에트 사회 주의, 서구에서는 케인스주의 정책의 결과로 “첫 번째 경우에는 물화가 사라지 고 두 번째의 경우에는 아주 약화”(Goldmann, 1959: 101)될 것이라고 썼다. 역사 는 루시앙 골드만의 예언이 잘못이라는 것을 보여줬다.
5. 소외이론의 저항할 수 없는 매력
1960년대에는 소외 이론의 진정한 유행이 시작됐고 소외 이론에 대한 수백 의 책과 기사들이 전 세계에서 출판되었다. 요컨대 소외의 시대였다. 다양한 정치적 입장과 학문 영역의 저자들이 소외의 원인을 상품화, 과잉전문화(over- specialization), 아노미(anomie), 관료화, 순응, 소비주의, 신기술에 의한 자아(sense of self) 상실, 심지어 개인적 고립, 무관심, 사회 혹은 민족적 주변화, 그리고 환 경오염에서 찾았다.소외개념은 자본주의 사회에 대한 비판이라는 당시의 시대정신을 가장 잘 표현해주는 것처럼 보였다. 소외개념은 반(反)소련 철학적 마르크스주의와 가장 민주적이고 진보적인 가톨릭 내 경향들이 만나는 장소가 되었다. 그러나 소외개 념의 인기와 이 개념의 무차별적인 적용은 심각한 개념상의 애매모호함을 낳았 다.10) 따라서소외는몇년지나지않아인간불행의모든영역을포괄하고그 래서 소외를 결코 바꿀 수 없다는 믿음을 포함하는11) 공허한 공식이 되었다.
기 드보르(G. Debord)의 책 『스펙터클의 사회』는 소외이론과 비물질생산에 대한 비판을 연결하여 1967년 출판된 이래, 체제에 맞선 저항에 나섰던 학생세 대들을 진정으로 대변하는 것이 되었다. 소외이론은 비물질생산에 대한 비판과 연결되었다. 사회질서에 대한 동의의 생산(manufacturing of consent)이 여가 산업 으로까지 퍼졌다는 호르크하이머와 아도르노의 이론에 기반하여 드보르는 비 노동의 영역을 더는 생산활동과 분리하여 생각할 수 없게 되었다고 주장했다. 한편 자본주의 축적이 시초 단계에 있을 동안에 정치경제학은 노동력 유지에 불가결한 최소한만을 받는 프롤레타리아만을 노동자로 상정하며 ‘여가와 인간성 속에’ 있는 노동자를 결코 상정하지 않았다. 이러한 지배계급의 생각은 상품 풍 요의 수준이 노동자들의 추가적 협력이 필요한 수준에 도달하자마자 역전된다. 업무시간이 끝나면, 노동자는 갑자기 생산의 조직과 감시의 모든 측면에서 그토 록 노골적으로 가해지던 총체적 멸시로부터 벗어나 소비자라는 이름으로 지극히 공손하게 어른 취급을 받게 된다. 바로 이 순간 상품의 휴머니즘은 노동자의 ‘여 가와 인간성’을 책임지는데 그 이유는 단지 정치경제가 이제 이러한 영역들을 지배할 수 있게 되었고 또 지배해야 하기 때문이다(Debord, 2002: 13).
드보르에게 한편으로 경제의 사회생활에 대한 지배는 기본적으로 “존재(being) 가 소유(having)로 전락”하는 형태를 취하는데 “현 단계”에서는 “소유(having)에 서 표현(appearing)으로의 일반적인 변화”가 있었다(Debord, 2002: 9). 이 생각에 따라 그는 스펙터클의 세계를 분석의 핵심으로 삼는데 “스펙터클의 사회적 기 능은 구체적인 소외생산”(Debord, 2002: 11)으로 스펙터클을 통해 “상품의 물신 숭배는 … 궁극적으로 실현된다”(Debord, 2002: 12). 이 상황에서 소외는 개인들 에게 소비하도록, “지배적인 이미지들과 동일시”(Debord, 2002: 11)하도록 하여 개인들을 자신의 욕망으로부터, 실제 존재로부터 더욱 멀어지게 하는 사실상 흥미진진한 경험, 새로운 마약이 되는 수준으로 자신을 표현한다.
스펙터클은 상품이 사회적 삶을 총체적으로 점령하기에 이른다. … 현대의 경 제적 생산은 상품의 독재권을 외연적으로나 내포적으로나 확장시킨다. … ‘제2 의 산업혁명’이 일어난 바로 이 순간에 소외된 소비는 소외된 생산처럼 대중들에 게 의무가 된다(Debord, 2002: 13). 드보르의 부상과 더불어 장 보드리야르(J. Baudrillard) 또한 성숙한 자본주의 에 발생한 사회적 변화를 비판적으로 해석하는데 소외개념을 사용했다. 『소비 의 사회』(1970)에서 보드리야르는 마르크스주의의 생산 중심성에 대한 강조에 거리를 두며 소비를 현대사회의 근본요소로 보았다. “소비의 시대”에서 광고와 여론조사는 거짓 필요와 대중적 합의를 창조했고 “소비의 시대”는 또한 “급진 적 소외의 시대”라는 것이다.
일반화된 상품논리는 오늘날 노동과정과 물질생산뿐 아니라 전체 문화, 성 (sexuality), 인간관계, 심지어 판타지와 개인적 동기까지를 통치(govern)하게 되었 다. … 모든 것이 스펙터클화되었다. 즉, 다른 말로 모든 것이 이미지와 상징과 소비할 수 있는 모델들로 환기되고 도발되고 지휘된다(Baudrillard, 1998: 191). 그러나 보드리야르의 정치적 결론은 상당히 혼란스럽고 비관적이다. 대규모 사회적 소요에 직면하자 그가 생각하기에는 “1968년 5월의 저항은 대상(objects) 과 소비에 너무 큰 악마적 가치를 부여함으로써 대상과 소비를 구체화시키는” 함정에 빠졌다고 한다. 그리고 그의 비판에 따르면 “소외에 관한 모든 논문들, 그리고 팝과 반예술을 조롱하는 세력들”은 단지 “게임의 일부를 이루는 고소장 에 불과하며 비판적 신기루, 우화를 완성시키는 반(反)우화”(Baudrillard, 1998: 195-196)일 뿐이다. 이제 그는 노동자계급이 세계를 변화시키는 사회세력이라 는 마르크스주의로부터 멀리 벗어나서 너무 평범하여 단명하게 될 메시아적 호소로 이 책을 끝맺는다. “우리는 1968년 5월처럼 결코 예측할 수는 없지만 언젠가는 발생할 폭력적인 분출과 갑작스러운 붕괴가 이 백인 대중문화(this white Mass)를 파괴하는 것을 기다려야 할 것이다”(Baudrillard, 1998: 196).
6. 북미사회학에서의 소외이론
1950년대 소외개념은 북미사회학계에도 진입했다. 하지만, 이곳에서 소외라 는 주제에 대한 접근방식은 당시 유럽에서 만연했던 방식과는 매우 달랐다. 주 류사회학에서 소외는 사회관계의 문제가 아니라 개인 인간의 문제(Clark, 1959: 849-852)로 취급됐고 그 해결책은 사회를 바꾸기 위한 집단적 실천이 아니라 현존하는 질서를 받아들이는 개인들의 능력이 핵심이었다(Schweitzer, 1982: 36-37).
이곳에서도 또한 소외 개념은 분명하고 공유된 개념정의가 내려지기까지 오 랫동안 모호하게 남아 있었다. 일부 저자들은 소외를 창조성을 표현하는 수단 으로 인간의 조건에 전반적으로 내재하는 긍정적 현상으로 보았다.12) 다른 일 반적인 관점은 소외가 개인과 사회 사이의 균열에서 나타난다고 보는 것이었 다(Schacht, 1970: 155). 예를 들어 세이무어 멜먼(S. Melman)은 소외를 결정의 정 식화와 집행 사이의 분리에서 찾았고 소외가 노동자들과 경영자 모두에게 영 향을 미친다고 보았다(Melman, 1958: 18, 165-166). ≪미국 사회학 리뷰(American Sociological Review)≫에서 소외 개념에 대한 논쟁을 촉발한 『소외의 척도』(1957) 에서 그윈 네틀러(G. Nettler)는 개념을 정식화하기 위해 여론조사를 사용했다. 그러나 노동조건을 조사할 때의 엄격한 노동운동의 전통과는 아주 다르게 그 의 질문내용들은 과학적 조사의 원리보다는 당시 매카시주의에 더 큰 영감을 받아 작성된 것으로 보인다.13) 사실상 그는 미국 사회의 보수적 원칙, “가족주 의, 대중매체 및 대중적 기호, 현 상황, 대중교육, 전통적 종교와 목적론적 세계 관, 국가주의 그리고 선거제도에 대하여 비대중적이고 부정적인 태도를 유지하 는 것”(Nettler, 1957: 674)에 대한 거부를 소외와 동일시했다.
미국 사회학 연구에서 소외개념의 협소함은 멜빈 시먼(M. Seeman)의 「소외의 의미에 대하여」(1959)라는 짧은 글이 발표되면서 바뀌었는데, 이 글은 미국 사 회학분야의모든학자가반드시인용해야할문헌이되었다. 그가정의한소외 의 다섯 가지 주요 형태―무력감, 무의미감(처한 상황에 대해 이해할 수 없음을 의미), 무규범감, 고립감, 자기소원14)(Seeman, 1959: 783-791) ― 를 보면 그 또한 소외현상을 기본적으로 주관적인 입장에서 접근하고 있음을 알 수 있다. 로버 트 블라우너(R. Blauner)는 그의 책 『소외와 자유』(1964)에서 소외를 “특정한 종 류의 사회배열에서부터 나온 개인적 경험의 질(質)”(Blauner, 1964: 15)이라고 비 슷하게정의내린다. 비록그가행한방대한조사덕분에소외의원인을“대규 모 조직으로의 고용, 모든 산업 사회에서 만연한 비인간적인 관료화”(Blauner, 1964: 3)에서 찾음에도 말이다.
그 후 미국 사회학에서는 소외를 일반적으로 자본주의건 사회주의건 간에 산업생산 시스템과 연결된 문제, 인간 의식에 미치는 영향의 문제로 보았다 (Heinz, 1992: 217). 이러한 접근법의 큰 변화는 궁극적으로 소외를 결정하는 역 사적·사회적 요인들에 대한 분석을 약화시키거나 심지어 제외해, 소외를 사회 문제가 아니라 개인의 병리학적 증상으로 개인수준에서 치유될 수 있다는 과 잉심리학을 만들어 냈다(Geyer and Schweitzer, 1976: xxi-xxii; Geyer, 1982: 141). 마 르크스주의 전통의 소외 개념이 자본주의 생산양식에 대한 가장 날카로운 비 판에 기여한 반면, 사회학 영역으로 제도화되면서 소외는 사회규범들에 적응하 지 못하는 개인적 현상으로 축소되었다. 같은 방식으로, 철학영역에서 가지고 있던 소외개념의 비판적 영역[심지어 소외개념은 결코 초월할 수 없는 한계 (horizon)를 지닌다고 생각했던 저자들에게도]은 이제 환상에 불과한 중립성에 길 을 내주게 되었다(Geyer and Schweitzer, 1976: xx-xxi).
이런 변형의 또 다른 결과는 소외개념의 이론적 빈곤화였다. 인간의 노동행 위와 사회적 지적 존재에 관련된 복잡한 현상으로서의 소외는 학문적 연구의 전문화에 따라 쪼개진 부분적 범주가 되었다(Schweitzer, 1996: 23). 미국 사회학 자들은 방법론적 선택으로 소외에 대한 연구를 어떤 정치적 함축으로부터도 자유롭게 할 수 있는 과학적 객관성을 확립했다고 주장했다. 그러나 이 비정치 적인 ‘변화’는 실제로는 탈이데올로기와 가치중립성이라는 펼침막 뒤에 숨어 서 지배 가치들과 사회 질서를 지지하기 때문에 이데올로기적인 함축성을 띠 고 있다.
따라서 마르크스주의와 미국 사회학에서의 소외 개념의 차이점은, 마르크스 주의가 정치적이고 미국 사회학이 과학적이라는 것이 아니라, 마르크스주의 이 론가들은 미국 사회의 헤게모니적 가치를 반대하는 사람들인 반면 미국 사회 학자들은 현존하는 사회질서의 가치를 세련되게 인간 종족의 영원한 가치라고 치장하며 지지하고 있다는 것이다(Horton, 1964: 283-300; Schweitzer, 1996: 23). 미국 학계에서 소외 개념은 정말로 왜곡되었고 소외 개념이 그토록 오랫동안 극복하기 위해 겨냥하고 있던 바로 그 계급의 옹호자로 사용되는 것으로 끝나 버렸다(Horton, 1964).15)
7. 『자본론』과 그 예비적 수고들에서의 소외
마르크스 자신의 저작이 이러한 상황에 대응하려는 사람들에게 중요한 역할 을 했다. 『1844년 경제학 철학 수고』에 나타난 초기 강조점들은 새로운 저작들 이 출판되면서 방향이 이동했고 마르크스 사상의 발전과정을 보다 정확하게 재구축할 수 있게 했다. 1880년대 후반기 동안 마르크스는 더는 ‘소외’라는 개념을 자주 사용하지 않는다. 주된 예외는 그의 첫 번째 책으로 엥겔스와 함께 저술한 『신성가족』 (1985)인데, 부르노와 에드가 바우어에 대한 논쟁들로 이뤄져 있다. 또 역시 엥 겔스와 함께 저술한 『독일 이데올로기』(1845-1846)의 한 문장 정도다. 한때 마 르크스가 『독일 이데올로기』를 출판하겠다는 생각을 버렸기 때문에 그는 1847 년 브뤼셀의 독일노동자동맹에서 행한 강의에 기반을 둔 논문들을 묶은 『임금 노동과자본』에소외이론을소개했다. 그렇지만소외개념그자체는이책에 서 나타나지 않는다. 소외 개념은 그가 겨냥하고 있던 청중들에게는 너무 추상 적인 소리일 수 있기 때문이다. 이 책에서 마르크스는 임금노동이 노동자 “자 신의 삶의 행위” 속에 포함되지 않고 오히려 “자신의 삶을 희생”하는 것으로 표현된다고 썼다. 노동력은 “살아가기 위해” 팔 수밖에 없도록 강요된 상품이 다. 그리고 “노동자의 활동에서 나온 생산물은 노동자 활동의 목적이 아니 다”(Marx, 1977: 202).
12시간 동안 천을 짜고 실을 뽑고 구멍을 뚫고 선반을 돌리고 집을 짓고 땅을 파고 돌을 깨고 짐을 나르는 등의 일을 하는 노동자 ― 이 노동자에게 이 12시간 동안의옷감짜기, 실뽑기, 구멍뚫기, 선반작업, 집짓기, 삽질, 돌깨기등이 자기 삶의 발현이자 삶으로 여겨지겠는가? 그와 정반대이다. 그에게 있어서 삶이 란 이러한 활동이 멈출 때, 즉 식탁에서 선술집 의자에서 침대에서 시작된다. 이 와는 반대로 그에게 있어서 12시간의 노동은 옷감 짜기, 실 뽑기, 구멍 뚫기 등으 로서의 의미는 전혀 없고 그를 식탁으로 선술집 의자로 침대로 데려다 주는 벌이 로서의 의미를 갖고 있을 뿐이다. 만일 누에가 애벌레로서의 자신의 목숨을 이어 가기 위하여 실을 뽑는다면 그 누에는 영락없는 임금 노동자일 것이다(Marx, 1977: 203).
1850년대 후반까지 마르크스의 저작에는 소외 이론에 대한 언급이 없다. 1848년 혁명의 패배로 마르크스는 런던으로 망명가야 했다. 런던에서 그는 몇 몇 역사적 주제에 관한 짧은 저작16)들을 제외하고는 모든 힘을 정치경제학 연 구에 집중했고 다른 책을 출판하지 않았다. 그러나 그가 경제학에 대해 다시 저술을 시작했을 때 『정치경제학 비판 요강』(『그룬트리세』로 더 잘 알려진)에서 그는‘소외’ 개념을한번이상사용한다. 이글은많은측면에서『1844년경제 학 철학 수고』의 분석들을 떠올리게 하는데 거의 10년간 영국 도서관에서의 연구는 그 분석이 훨씬 더 통찰력 있는 것이 되도록 했다.
여기에서 생산물의 사회적 형태, 생산에서 개인들의 역할 및 활동의 사회적 성격은 개인들에게 낯설고 객관적인 것으로 개인들 상호 간의 관계가 아니라 그 들과는 독립적으로 존재하고 무차별적인 개인들 간의 상호 충돌에서 발생하는 관계로 개인들과 대면한다. 각각의 개인들에게 핵심 조건이 된 활동들과 생산물 들의 일반적 교환―그들의 상호연관성―은 그들에게는 낯설고 자율적인 하나 의 사물로 나타난다. 교환가치에서, 인간들의 사회적 연계는 사물들의 사회적 관 계로 전환된다. 인간의 능력이 객관적 부(wealth)로 전환된다(Marx, 1993: 157).『그룬트리세』의 소외 개념은 경제적 범주들에 대한 발전된 이해와 더욱 엄 격한 사회적 분석으로 더욱 풍부해졌다. 소외와 교환가치 사이에 형성된 연관 이이중요한측면을보여준다. 그리고현대사회의소외현상에대한가장뛰어 난 구절 중의 하나에서 마르크스는 소외를 자본과 “산 노동력” 사이의 적대에 연결한다.
살아 있는 노동의 객관적 조건들이 주체적 존재로서의 살아 있는 노동 능력에 대하여 분리되고 독립된 가치들로 나타난다. … 살아 있는 노동 능력의 객체적 조건들은 살아 있는 노동 능력에 대하여 자립적인 실존으로 전제되었고, 살아 있 는 노동 능력과는 구별되고 이에 대하여 자립적으로 마주 서는 주체의 객체성으 로 전제되었다. 따라서 재생산과 실현, 즉 이 객관적 조건들의 확대는 동시에 이 들을 노동 능력에게 무차별적이고 자립적으로 마주 서는 낯선 주체의 부(wealth) 로서 재생산하고 신규로 생산하는 것이다. 재생산되고 신규로 생산되는 것은 살 아있는노동능력에대하여자립적인, 즉낯선주체에게속하는것들로서의현 존이다. 노동의 객관적 조건들이 살아 있는 노동 능력에 대하여 주체적 실존을 획득하는 것이다. 즉 자본이 자본가로 된다(Marx, 1993: 461-462).
『그룬트리세』가 마르크스의 소외에 대한 원숙한 이해를 표현하는 유일한 저 술은 아니다. 5년 후 『직접적 생산 과정의 결과들』 ― 또한 ‘『자본론』 제1권: 제1편 제4장, 미출판’(1863-1864)로 알려짐 ― 은 소외에 대한 경제적 분석과 정 치적 분석을 더욱 밀접하게 결합시켰다. 마르크스는 “자본가의 노동자에 대한 지배는사물의인간에대한지배, 죽은노동의산노동에대한지배, 생산품의 생산자에 대한 지배”(Marx, 1976: 990)라고 썼다. 자본주의 사회에서 “노동의 사 회적 생산성이 자본의 물질적 속성으로 전환”(Marx, 1976: 1058)됨으로써 “노동 의 물질적 조건이 노동자의 지배를 받는 것이 아니라 노동자가 그것들에 의해 지배받는”(Marx, 1976: 1054) 형태로 나타나는 사실상 “사물의 인격화와 인간의 사물화”가 존재한다. 마르크스의 주장에 따르면 현실에서는
돈이 사물이 아니듯 자본도 사물이 아니다. 돈이 그러하듯이, 자본에서는 사람 들 사이의 특정한 생산의 사회적 관계를 사물과 사람들 사이의 관계들로 보이게 한다. 혹은 특정 사회적 관계가 사회에서 사물의 자연적 특성으로 보이게 한다. 임금에 의존하는 계급이 없다면, 개인들은 서로를 자유로운 인간들로 대면한다. 잉여가치의 생산도 없다. 잉여가치의 생산이 없다면 자본주의 생산도 없고 따라 서 자본도 자본가도 없다! 자본과 임금노동(이것은 우리에게는 노동력을 판매한 노동자들의 노동을 가리킨다)은 단지 동일한 관계의 두 측면을 표현할 뿐이다. 돈은 노동자 자신들이 판매하는 상품인 노동력을 얻기 위해 교환되지 않는다면 자본이될수없다. 반대로노동은노동이직면하는그자체의물질적조건이 자율적인 힘, 소외된 물건, 스스로 존재하고 유지하는 가치, 즉 간단히 말해 자본 일때만임금노동일수있다. 만약자본이, 그자체의물질적측면에서예를들면 그 자신의 존재를 가지고 있는 사용가치라는 측면에서, 자신의 존재가 노동의 물질적 조건들에 의존하는 것이라면, 이런 물질적 조건들은 동등하게 그리고 공 식적으로 노동을 소외되고 자율적인 힘이 있는 것으로서, 그리고 산 노동을 단지 어떻게든 자신을 유지하고 증가시킬 수 있는 하나의 도구로 취급하는 가치 ― 대상화된 노동―로서 직면한다(Marx, 1976: 1005-1006. 강조는 마르크스).
자본주의 생산양식에서 인간 노동은 자본의 가치증식 과정의 한 도구가 되 었는데 이것은 “산 노동력이 자본의 물질적 구성으로 포함됨으로써 자본은 살 아 있는 괴물이 되고 … ‘마치 사랑에 빠진 것처럼’ 행동하기 시작”(Marx, 1976: 1007)했다. 이 구조는 생산과정에서의 협력, 과학적 발전과 기계의 도입―그 런데 이 모든 것은 집단 전체에게 속한 사회적 과정임 ― 이 자본주의 질서 아 래 놓인 노동자들에게는 마치 자본의 힘이 자연적인 특성인 것으로 여기게 될 때까지 그 규모를 확대했다.
생산적인 힘들은 … 사회적 노동에 의해 전개되는 … 자본주의의 생산력들로 나타난다. […] 협동과 노동분업의 결합, 자연과 과학의 이용, 기계 같은 노동 생 산물의 이용 등 집단적 단위들 모두가 무언가 소외되고 대상화되며 이미 주어진 것으로 노동자의 개입 없이도 존재하고 자주 노동자들에게 적대적인 것으로 개 별 노동자들과 대면한다. 자본주의의 생산적 힘들은 자신들을 지배하는 노동자 들에게 독립적인 대상으로서 노동도구들의 지배적인 형태로 모두 매우 단순하게 나타난다. 작업장은 일정 정도 노동자들의 결합체임에도 불구하고 작업장 내에 서의 모든 지능과 의지는 자본가들이나 그 대리인들에게 속한 것으로 보이고 노 동자들은 자본주의에 존재하는 자본의 기능으로서 자신을 발견하게 된다(Marx, 1976: 1054. 강조는 마르크스).
그런데 이 자본의 과정이 무언가 ‘매우 신비한’ 것이 되어 “이러한 노동 조 건들이 노동자들 앞에 사회적 강제로 산적해 있고 이들 노동조건은 자본화된 형태를 띤다”(Marx, 1976: 1056). 1960년대 초반, 『자본론 제1권, 제1편, 제4장, 미출판』(1863-1864)의 보급과 무엇보다도 『그룬트리세』의 보급(Musto, 2008: 177-280)은 사회학과 심리학에서 우세했던 개념과는 다른 소외 개념을 위한 길을 열었다. 이것은 현실에서의 소 외를 극복하기에, 즉 사회운동들과 정당 그리고 노동조합이 노동계급의 노동 및 생활조건 개선하기에 적합한 개념이었다. 이 책들의 출판은 (1930년대 『1844 년 경제학 철학 수고』의 출판 이래) 마르크스의 소외에 대한 저술의 “제2세대”라 고 생각할 만하다. 이는 소외에 대한 새로운 연구에 논리적인 이론적 기반을 제공해주었을 뿐 아니라 무엇보다도 당시에 세계적으로 폭발했던 엄청난 정치 적·사회적 운동에 반자본주의 이데올로기의 발판이 되었다. 소외는 철학자의 책들과 대학의 강의실을 떠나 거리와 노동자 투쟁 공간들로 향했고 부르주아 사회 전체에 대한 비판이 되었다.
8. 상품의 물신적 성격과 탈소외
마르크스의 소외에 대한 가장 뛰어난 사고는 『자본론』의 유명한 부분인 ‘상 품의 물신적 성격과 그 비밀’에 담겨 있다. 마르크스는 자본주의 사회에서 사람 들이 자신들이 창출한 생산품에 의해 지배되는 것을 보여줬다. 여기서 사람들 사이의 관계는 “사람들 사이의 직접적 사회적 관계가 아니라 … 사람들 사이의 물질적 관계이고 물건들 사이의 사회적 관계”(Marx, 1981a: 166)이다.
상품형태의 신비성은, 상품형태가 인간 자신의 노동의 사회적 성격을 노동생 산물 자체의 물적 성격[사물들의 사회적인 자연적 속성]으로 보이게 하며, 따라 서 총노동에 대한 생산자들의 사회적 관계를 그들의 외부에 존재하는 관계[즉, 사물들의 사회적 관계]로 보이게 한다는 사실에 있다. 이와 같은 치환 (substitution)에 의해 노동생산물은 상품으로 되며, 감각적임과 동시에 초감각적 인 것 즉 사회적 사물이 된다. […] 인간의 눈에는 물건들 사이의 관계라는 환상 적인 형태로 나타나지만 그것은 사실상 인간들 사이의 특정한 사회적 관계에 지 나지않는다. 그러므로그비슷한예를찾아보기위해우리는몽롱한종교세계 로들어가보지않으면안된다. 거기에서는인간두뇌의산물들이스스로의생 명을 가진 자립적인 인물로 등장해 그들 자신의 사이 그리고 인간과의 사이에서 일정한 관계를 맺고 있다. 마찬가지로 상품세계에서는 인간 손의 산물들이 그와 같이 등장한다. 이것을 나는 물신숭배(fetishism)라고 부르는데, 이것은 노동생산 물이 상품으로 생산되자마자 거기에 부착되며, 따라서 상품생산과 분리될 수 없 다(Marx, 1981a: 164-165).
이 정의에 내재한 두 요소는 지금까지 토론한 저자들이 가진 소외 개념과 마르크스의 소외 개념 사이에 분명한 차이점을 뚜렷하게 보여준다. 첫째, 마르 크스는 물신숭배를 개인의 문제가 아닌 사회적 현상으로, 마음의 문제가 아닌 실제 권력의 문제로, 객체를 주체화하는 변환의 결과로 시장경제에 형성된 특 정형태의 지배로 생각했다. 그래서 마르크스의 소외에 대한 분석은 개별 여성 과 남성들의 불안으로 한정되지 않고 그 기반이 되는 사회적 과정들과 생산행 위들로 확대된다. 두 번째, 마르크스의 물신숭배는 생산의 정확한 역사적 실체 인 임금노동을 분명히 드러내고 있는데, 이것은 사람과 사물들 사이의 관계 그 자체가 아니라 특정한 형태를 띤 하나의 객관성으로서 상품형태와 사람 사이 의 관계다.부르주아 사회에서 인간성과 인간관계는 물건들 사이의 성격과 관계로 변한 다. 루카치가 물화(reification)라고 부른 이 이론은 인간관계라는 시점에서 소외 를 표현했다. 반면, 물신숭배 개념은 소외를 상품들의 관계로 다뤘다. 마르크스 의 후반기 저서들에서 소외 이론이 나타났다는 것을 부정하는 이들에게는 안 된일이지만, 상품의물신적성격이소외를대체한것이아니라소외의한측면 에 불과하다는 것을 강조할 필요가 있다.
『1844년 경제학 철학 수고에서 『자본론』 및 그와 연관된 저서들에 이르는 이론적 발전은 단지 소외에 대한 그의 사고를 보다 정확하게 한 것만을 의미하 지 않는다. 마르크스가 소외를 극복하기 위해 반드시 필요하다고 생각했던 수 단들도 재정립되었다. 1844년에 그는 인간존재는 사유재산과 노동분업을 폐지 함으로써 소외를 없앨 수 있다고 주장했다. 『자본론』과 그 예비적 수고들에서 제시되어 있는, 소외로부터 자유로운 사회로 가는 길은 보다 복잡하다. 마르크 스는 자본주의는 자본과 자본이 강요한 조건들에 노동자들이 지배받는 체제라 고 생각했다. 그럼에도, 자본주의는 더욱 발전된 사회를 위한 기반을 창조하고 자본주의의 혜택을 일반화함으로써 자본주의가 열어 놓은 사회 발전의 더욱 빠른길을통해인류가진보할수있을것이라보았다. 마르크스에따르면소수 를 위해 엄청난 부를 축적하고 노동자 다수 대중에 대한 수탈과 착취를 발생시 키는 체제는 반드시 “생산수단이 공동으로 소유되며 많은 다양한 형태의 노동 력이 완전한 자각 하에서 하나의 사회적 노동력으로 확장되는 자유인들의 연 합”(Marx, 1981a: 171)으로 대체해야 한다. 이런 형태의 생산은 임금 노동과는 다르다. 왜냐하면, 노동을 결정하는 요인들을 집단적 지배 아래 둘 것이며 노동 을 진정으로 사회적 행위로 바꾸기 때문이다. 이는 홉스의 “만인의 만인에 대 한 투쟁”과는 정반대에 있는 사회 개념이며 이런 사회의 건설은 단지 정치적 과정뿐 아니라 생산영역에서의 전환도 결합하여야 한다. 그러나 이런 노동 과 정의 변화는 그 한계가 있다.
이 영역에서 자유는 다음과 같은 것으로 이루어져 있다. 즉 사회화된 인간, 결합된 생산자들이 자연과의 신진대사를 합리적으로 지배함으로써 그 신진대사 가 맹목적인 힘으로써 그들을 지배하는 것이 아니라 그들이 그 신진대사를 집단 적인통제아래두는것, 그리하여최소의노력으로그리고인간성에가장가치 있고 알맞은 조건들 아래 그 신진대사를 수행하는 것이다(Marx, 1981b: 959). 이 자본주의 이후의 생산체계는, 과학기술의 진보와 노동시간 단축의 결과 로 자본과 이에 결합된 자본법칙들에 의해 지워진 강제적이고 소외된 노동이 필요의 멍에를 넘어 점차 의식적이고 창조적인 행위로 대체되는 새로운 사회 형태를 창출할 가능성을 만들어낼 것이고, 그 사회에서는 사회관계들이 상품과 돈의 법칙에 의해 무작위적이고 무차별적으로 교환되는 것이 폐지될 것이다.17) 그 사회는 더는 자유로운 자본의 영역이 아니라 진정한 인간 자유의 영역이다.
(번역 최용찬)
(2011년 4월 11일 투고, 4월 18일 심사, 5월 2일 게재 확정)
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〚1844년 경제학 철학수고〛 는 세상에서 가장 잘 알려진 마르크스 저작 중의 하나이다. 그러나 이 수고는 매우 자주 토론되었고, 또 그 저자의 사상을 전면적으로 해석하는 데 매우 중요함에도 불구하고, 이 수고가 나타내는 철학적 문제들에 대해서는 거의 주목하지 못했다. 이런 사실은, 1932년 첫 판본의 출판으로 시작된 이론적이고 정치적 논쟁과 함께, 많은 논평자들이 마르크스의 젊은 시절에서 가장 중요한 텍스트로 간주하는 것에 대한 오해를 낳는 데 기여하였다. 이 논문은 마르크스가 프랑스의 수도 파리에서 체류하던 당시의 지적 풍조와 그곳에서 시작한 경제학 연구에 관해 설명한 뒤에 이 주요한 발전의 시기에 그가 성취한 철학적이고 정치적인 거대한 성숙에 관해서뿐만 아니라 〚1844년 경제학 철학수고〛와 그와 병행했던 정치경제학자들의 저작에서 발췌한 노트들 간의 밀접한 관계도 검토할 것이다. 마지막으로 1843년 가을부터 1845년 1월까지 파리에서 작성한 마르크스의 수고들과 발췌노트의 연대기적 순서를 만든 표를 제시하겠다.
1. 파리: 신세계의 수도
파리는 “하나의 괴물 같은 기적, 운동들과 기계 그리고 관념들의 놀라운 조합(assemblage), 수많은 여러 로맨스들의 도시, 이 세계의 생각-상자이다”(Balzac, 1972: 33). 이것은 발자크가 자신의 소설 중 하나에서 파리를 잘 알지 못하는 사람들에게 그 거대도시의 영향을 묘사한 것이다. 1848년 혁명 이전의 기간 동안, 이 도시에는 끊임없이 정치적 소요를 일으키는 장인들과 노동자들이 거주하고 있었다. 망명자들, 혁명가들, 작가들과 미술가들의 거류지들, 그리고 광범위한 사회적인 소요로부터 파리는 다른 시대에는 얻을 수 없는 강렬함을 얻었다. 매우 다양한 지적 재능을 가진 남녀들이 책, 잡지와 신문을 출간하고, 시를 쓰고, 회합에서 연설하고, 그리고 카페에서, 거리에서, 공원 벤치에서 끝없이 토론하였다. 그들의 밀접한 근접성은 서로 간에 지속적인 영향을 준다는 것을 의미했다(Berlin, 1963: 81f.).
바쿠닌은 라인 강을 건너기로 결심하자마자 갑자기 “정치적 관념들이 사회의 모든 계층들 사이에서 순환하는 분위기에 휩싸였던 독일에서는 아직 발생하지 않은 새로운 요소들 사이에” 자신이 처해 있다는 것을 발견했다(Bakunin, 1982: 482). 폰 슈타인은 “대중들의 삶 자체가 새로운 결합을 창조하고 새로운 혁명을 사고하기 시작하는 것”이라고 적었다(von Stein, 1848: 509). 루게는 “파리에서 우리는 승리하거나 아니면 패배할 것”이라는 관점을 지녔다(Ruge, 1975: 59). 요약하면 파리는 역사상 특별한 순간에 있는 곳이었다.발자크에게 “파리의 거리들은 인간적 특징과 우리가 도저히 저항할 수 없는 인상들을 남기는 관상을 가졌다”(Balzac, 1972: 31). 이런 인상들 중 많은 것들이 또한 25살의 나이로 1843년 10월에 그곳에 온 마르크스에게도 영향을 미쳤다; 이런 인상들은 파리 체류 시기에 결정적으로 성숙했던 마르크스의 지적 진화에 심오한 영향을 남겼다.
≪라인신문≫에서 언론가로서의 경험을 한 뒤에 마르크스가 헤겔의 이성적 국가와 이와 관련된 민주적 급진주의라는 개념적 지평을 폐기한 것은 프랑스의 수도에 어떤 하나의 이론적 입장을 지니고 왔었다는 의미였다. 그러나 이 이론적 입장은 이제 프롤레타리아트의 뚜렷한 모습에 의해 흔들렸다. 새로운 사회-경제적 현실의 급속한 강화를 보여주는 그 시대의 문제적 분위기가 만들어낸 그 불확실성은 마르크스가 파리 노동자계급과 그들의 생활 및 노동 조건들을 이론적으로나 경험적으로 접하고 나서 소멸되었다.
프롤레타리아트의 발견과 그들을 통한 혁명의 발견; 여전히 불명확하게 정의되었고 반쯤은 공상적인 공산주의에 대한 새로운 헌신; 헤겔의 사변철학과 헤겔 좌파에 대한 비판; 역사의 유물론적 해석에 관한 최초의 윤곽과 정치경제학 비판의 시작: 이런 것들이 마르크스가 이 시기에 발전시킬 기본적 주제들이다. 파리의 체류기간 동안 작성한 소위 〚1844년 경제학 철학수고〛라는 유명한 초기 텍스트에서의 비판적 해석보다 조금 앞서 작성한 일련의 노트들은 주로 철학적 문제에 집중했다.
2. 정치경제학에 정착하기
≪라인신문≫에서 일했을 때 마르크스는 이미 특별한 경제적 문제들을 다루었지만, 항상 법적 혹은 정치적 관점에서였다. 결과적으로 1843년 크로이츠나흐에서 발전시켰던 관념들 ― 이 관념들은 〚헤겔법철학 비판 서설〛의 원천으로서 그 속에서 시민사회는 정치적 국가의 실질적 근거로 표현된다 ― 에서 마르크스는 최초로 사회적 관계에서 경제적 요소의 중요성을 공식화했다. 그러나 “정치경제학에 대한 의식적인 비판적 연구”를 시작한 것은 오직 파리에서였다(Marx, 1975d: 231). 법과 정치 영역의 모순들은 자신들의 영역 자체 내에서는 풀 수 없다는 것과 법과 정치 둘 다 사회적 문제들에 해결책을 제공할 수 없다는 것에서 결정적 추진력을 얻었기 때문이다. 엥겔스의 “정치경제학 비판 개요”(『독불연보』의 첫 번째이자 유일한 간행본에 실린 그의 두 논문 중 하나)도 이 시기의 마르크스에게 중대한 영향을 미쳤다. 그때까지 주로 철학적, 정치학적, 역사적이었던 마르크스의 연구는 이후 과학적 관심의 지주가 되고, 결코 포기하지 않을 새로운 지평이 될 새 분야로 변경되었다(예를 들면, Rubel, 1968: liv~lv).
모제스 헤스의 “화폐의 본질”과 그의 사변에서 사회-경제적 지평으로의 소외 개념의 치환에 영향을 받아, 마르크스는 먼저 인간의 본질 실현에 대한 장벽으로서 화폐의 경제적 매개(기능)에 대한 비판에 집중했다. 브루노 바우어의 “유대인 문제”에 대한 논쟁에서, 마르크스는 유대인 문제를 자본주의 문명 전체로서 철학적, 사회-역사적 전제를 나타내는 사회적 문제로 간주했다. 유대인은 자본주의 문명이 생산한 관계의 은유이자 역사적 전위였고, 간단히 말해 자본주의와 동일한 세계적 존재였다(Tuchscheerer, 1968: 56).
그 직후 마르크스는 새로운 연구 분야에서 방대한 양의 독서를 시작했고, 몇 가지 실례가 증명하듯이, 수고들과 보통 때처럼 독서한 재료에서 편집한 발췌와 노트의 노트북들에 구두점을 찍었다. 그의 작업의 지표는 정치경제학의 가장 거대한 신비화 ― 정치경제학의 범주들이 모든 시기, 모든 장소에서 유효하다는 생각 ― 를 폭로하고 반대하는 것이었다. 자기 시대의 경제적 조건들의 비인간성을 자연적 사실로 제시하며 이를 숨기고 정당화하려 했던 경제학자들의 맹목성과 역사적 감각의 결여에 대해 마르크스는 깊은 실망감을 느꼈다. 세이의 한 저작에 대한 논평에서 마르크스는 다음과 같이 적었다. “사적 소유는 그 구성이 정치경제학에 관계되지 않지만 그럼에도 정치경제학이 그것의 기초인 어떤 사실이다. … 그러므로 정치경제학 전체는 필연성이 결여된 하나의 사실에 근거한다”(Marx, 1981: 316). 유사한 논평들이 〚1844년 경제학 철학수고〛에서 나타나는데, 여기서 마르크스는 “정치경제학은 사적 소유라는 사실과 함께 시작한다: 그것은 우리에게 설명하지 않는다. … 경제학자는 연역해야 할 것을 사실과 사건의 형태로 가정한다”(Marx, 1975d: 270~271).
그래서 정치경제학은 사적 소유의 체제, 연관된 생산양식과 그에 조응하는 경제적 범주를 영원불변한 것으로 간주한다. 부르주아 사회의 인간은 마치 자신이 자연적 인간인 것처럼 현상한다. 요약하면, “사람들이 사적 소유에 대하여 말할 때, 자신의 외부에 있는 어떤 것을 다루는 것으로 생각한다”(Marx, 1975d: 281). 이런 존재론적 전환에 대한 마르크스의 거부는 더 이상 명확하게 할 수 없었을 만큼 분명했다. 역사에 대한 마르크스의 깊은 연구는 그에게 사회 구조의 시간적 진화에 대한 첫 번째 열쇠를 제공해 주었다. 그리고 사적 소유를 자연권으로 보는 관념에 대해 비판한 것을 포함하여 그가 프루동의 최고의 통찰이라고 여긴 것들을 마르크스는 또한 흡수하였다(Proudhon, 1890: 44f.). 이런 토대들을 통해 마르크스는 역사의 일시적 성격에 대한 주요한 인식론적 파악을 성취할 수 있었다. 부르주아 경제학자들은 자본주의 생산양식의 법칙들을 인간 사회의 영원한 법칙으로 표현했다. 대조적으로 마르크스는 그의 시대의 특수한 관계, “산업의 파열된 세계”를 연구의 배타적이고 명확한 주제로 삼았다(Marx, 1975d: 292). 그는 역사에 의해 생성된 하나의 단계로서 그 일시성을 강조했고, 자본주의가 산출한 모순들과 자본주의의 지양으로 이끌 모순들을 탐구하기 시작했다.
사회적 관계에 대한 상이한 이해 방식은 중요한 결과를 낳았는데, 그 중 으뜸은 소외된 노동의 개념과 관련된 것이었다. 소외된 노동이 자연스럽고 불변의 사회적 조건이라고 본 경제학자들이나 헤겔 그 자신과는 달리, 마르크스는 소외의 인류학적 차원을 거부하고 생산의 특정 구조와 사회적 관계 안에서 역사적으로 뿌리내린 개념, 즉 산업적 노동의 조건들 사이에서 인간의 소외라는 개념을 선호했다. 제임스 밀에서 마르크스가 발췌한 노트는 어떻게 “정치경제학이 사회적 교류의 소외된 형태를 인간의 본성에 조응하는 본질적이고 원천적 형태로 정의하는지”를 잘 보여준다. 마르크스에게 소외된 노동은 노동자 생산의 객체화라는 하나의 불변의 조건이기는커녕 “인간을 기계적 도구로 바꾸고 … 정신적, 육체적 괴물로 변형시키는” 현재의 노동분업의 제약 내에서 노동의 사회적 성격을 표현한 것이었다(Marx, 1975c: 217, 220).
개인들의 노동 행위에서 자신의 특수성, 즉 자신에게 특유한 필요의 활성화가 확인된다. 그러나 “이 노동의 실현은 노동자에게 비실현로 현상한다”(Marx, 1975d: 272). 노동은 인간적 확인, 즉 자유로운 창조 활동일 수 있지만, “사적 소유를 전제하면, 나의 개성은 소외되어 이 활동이 참으로 나에게 해로운 것, 고문, 차라리 활동의 외양만 띤 것이 될 정도다. 또한, 그래서 노동은 오직 강요된 활동 그리고 오직 끝없는 우연적 필요를 통해서만 나에게 부과되는 활동이다”(Marx, 1975c: 228).
마르크스는 경제학의 유력한 이론들을 수집하고, 그 구성요소들을 비판하고, 그 결론들을 전도시켜서 이런 결론들에 도달했다. 이 작업에 강도 높고 끈질긴 노력을 쏟았다. 파리에 살고 있던 마르크스는 독서 재료에 굶주려서, 밤낮을 그 재료의 독서에 쏟아 부었다. 마르크스는 열정과 기획들로 충만한 사람이어서, 그가 구상한 작업 계획들은 너무 거대해서 결코 끝까지 해낼 수 없을 정도였고, 탐구 대상과 관련해서는 모든 문서들을 연구하였다. 마르크스는 자신의 지식을 번개같이 빠르게 진보시키는 데, 그리고 잠시 동안 자신을 새로운 지평들로 이끄는 변화하는 관심사, 더 많은 결심들과 더욱 더 많은 연구 분야들에 몰두하고 있었다.
세느 강의 왼쪽 강둑에서 마르크스는 헤겔 법철학 비판의 초고를 계획했고, 국민공회의 역사를 서술하기 위해 프랑스혁명을 연구하기 시작했으며, 기존의 사회주의와 공산주의 원칙들의 비판을 의제로 삼았다. 그 다음에 마르크스는 정치경제학에 미친 사람처럼 몰두했는데, 그것은 독일에서 바우어 등의 초월적 비판주의 영역을 최종적으로 청산하는 과제보다 갑자기 우선하게 된 것이었다. 그러나 이를 중단하고 『 신성가족』이라는 최초의 완성 출판물을 작성했다. 그런 후에 또 다른 100개의 기획들에 몰두했다: 만약 비판이 하나 이루어진다면 그 비판은 그의 두뇌를 통과하고 그의 펜을 통과하였다. 헤겔 좌파 중에서는 가장 다작인 청년은 그럼에도 나머지 많은 다른 사람들보다 여전히 적게 출판했었다. 마르크스의 모든 작업을 특징짓게 될 미완성이라는 점은 파리에서의 작업에서 이미 나타났다. 열 가지 다른 방법들로 증명할 수 없다면 한 문장도 쓰지 않는 마르크스의 꼼꼼함에는 어떤 굉장한 것이 있었다. 자신의 정보가 부족하고 판단이 미숙하다는 자신의 믿음 때문에 마르크스는 착수한 연구의 많은 부분을 출판하지 않았다; 그래서 그것은 개요와 단편들의 형태로만 남았다. 마르크스의 노트들은 그래서 극단적으로 정확하다. 그 노트들은 마르크스의 연구의 범위를 가늠할 수 있게 해주고, 그 자신의 일정한 성찰을 포함하고 있어서, 그의 전체 작업의 통합적 일부분으로 간주되어야 한다. 이것은 마르크스의 수고들과 독서 노트들이 그가 저술한 것과 다른 사람들의 저작에 대한 논평들 사이의 밀접하고도 분리할 수 없는 고리를 증명하는 시기인 파리 시절에도 또한 진실이다.
3. 수고들과 발췌노트들: 1844년의 문헌들
〚1844년 경제학 철학수고〛의 불완전하고 단편적인 성격에도 불구하고, 이것을 읽은 거의 모든 사람들은 그것이 나타내는 문헌학적 문제들을 무시하거나 중요하지 않은 것으로 취급한다(Rojahn, 1983: 20). 이것은 1932년에서야 처음으로 온전히 출판되었다 ― 더욱이 두 편의 분리된 판본으로. 사회민주당의 학자 란트슈트와 메이어에 의해 역사유물론이란 명칭으로 편집된 판본에서는 “경제학과 철학”이라는 제목으로 출판되었고(Marx, 1932a: 283~375), 반면 MEGA에서는 “1844년 경제학 철학수고”였다(Marx,1932b: 29~172). 이 둘은 제목뿐 아니라 내용도 달랐고, 구성의 순서도 크게 차이가 났다. 란트슈트-메이어 판본은 원본 수고들에 대한 빈약한 독해 때문에 실수들이 가득한데, 첫 번째 수고 집단, 즉 소위 제1수고를 포함하지 않았고, 실질적으로 헤겔의 『 정신현상학』의 것을 제4수고로 즉 마르크스의 것으로 돌리는 잘못을 했다. 그럼에도 불구하고, 다음의 사실은 거의 고려하지 않았다. MEGA에서도 편집자들은 또한 수고의 제목을 선택하는 데서, 초두에 서문을 배치하는 데서(그것은 실제로 제3수고의 일부임), 그리고 전체 논문들을 그들의 방식으로 편집하는 데서 오류들을 범하여, 사람들이 마르크스의 의도가 항상 정치경제학을 비판하기 위해 저술하였고 원래 모든 것이 여러 장으로 나누어졌다고 생각하게 되었다(Rojahn, 2002: 33).
더욱이 마르크스가 이 텍스트를 오직 정치경제학의 저작들만 읽고 발췌한 후에 저술했다고 잘못 가정하였는데, 실제로는 구성 과정에서 수고들의 다른 집단들이 교차되어 작성되었고, 조응하는 발췌들도 『독불연보』를 위한 논문들에서부터 『신성가족』까지 파리 시절의 전 기간에 걸쳐 간격을 두고 작성되었다. 이 명백한 형식적 문제에도 불구하고, 다른 판본들의 출판에 따른 혼돈과 그리고, 무엇보다 제2수고(가장 중요하지만 가장 흩어져 있는)의 많은 부분이 전체 집합에서 사라졌다는 인식에도 불구하고, 비판적 해석자나 또는 새로운 판본의 편집자 중 아무도 원본의 재검토를 수행하지 않았다. 그럼에도 이런 재해석은 마르크스에 대한 다양한 해석들 사이에서의 논쟁에서 높은 비중을 가진 이 텍스트를 위해서 특별히 필요하다.
5월과 8월 사이에 씌어진 〚1844년 경제학 철학수고〛는 체계적이거나 사전에 조정된 방식으로 전개된 작품이 아니다. 그것이 하나의 정해진 방향을 가졌다고 생각하는 것 ― 마르크스 사상의 완전함을 발견하는 속성들이나 과학적 성숙기에 반대되는 명확한 개념화를 보여주는 속성들 ― 은 신중한 문헌학적 검토에 의해 반박되었다. 동질적이지도 심지어는 구성부분들 간에 밀접히 상호 관련되지도 않은 이 수고는 운동하고 있는 하나의 입장을 명백히 표현한 것이다. 우리에게 제시되는 200페이지가 넘는 발췌와 논평들로 이루어진 9권의 발췌노트를 면밀히 검토하면 마르크스가 읽은 독서 재료들을 흡수하고 이용하는 방법을 보여준다.
파리 노트는 마르크스가 정치경제학과 조우한 흔적들과 그의 경제학의 가장 초창기에 이루어진 정교화의 구성 과정을 기록한다. 출판되었건 그렇지 않건 간에 이 시기의 저술들과의 비교는 그의 사상의 발전을 위한 독서의 중요성을 결정적으로 증명한다. 정치경제학 발췌의 목록만으로 세이, 슈츠, 리스트, 오지안더, 스미스, 스카벡, 리카도, 제임스 밀, 맥컬록, 프레보스트, 데스툿 데 트레이시, 뷰렛, 드 브로길베어, 로, 로데데일의 텍스트들을 포함한다. 〚1844년 경제학 철학수고〛에서 그리고 그 시기의 마르크스의 논문과 편지들에서 우리는 또한 프루동, 슐츠, 피키, 라우동, 시스몽디, 가닐, 셔벌리, 맬더스, 더 폼페리, 벤담에 관한 언급들을 찾아볼 수 있다.
마르크스는 자신의 첫 번째 발췌를 세이의 『정치경제학 개론』에서 했는데, 경제학의 기초 지식을 습득하면서 전체 편들을 바꿔 썼다. 유일한 주석은 보통 이런 의도로 마련한 공간인 문제의 지면 오른쪽 편에 나중에 추가 되었다. 아담 스미스의 『국부론』에서의 후속적 발췌도 경제학의 기초 개념에 대하여 마르크스가 친숙해지는 유사한 목표에 봉사하였다. 사실 이들이 가장 광범위한 발췌일지라도, 거의 논평을 포함하고 있지 않다. 그럼에도 마르크스의 사상은, 문장들의 몽타주로부터 그리고 다른 어느 곳에서도 종종 발생하는 경우처럼 여러 경제학자들의 다양한 명제들을 함께 놓는 그의 방법에서 명확하게 두드러진다. 그렇지만, 리카도의 『정치경제학과 과세의 원리』의 경우에 그림은 변하는데, 여기서 마르크스의 첫 번째이자 아직은 완벽히 일치하는 것으로 상정되는 가치와 가격의 개념들에 관한 논평들이 모습을 드러낸다. 상품의 가치와 가격의 이런 균등화는 마르크스의 최초의 개념에 위치하는데, 이 균등화는 오직 경쟁에 의해 산출된 교환가치에 현실을 부여하고 자연가격을 순전한 환상으로서 추상의 영역에 위임한다. 이런 연구들이 진척되자 그의 비판적 논평들이 더 이상 간헐적이지 않고 그의 요약들에 끼워 넣어지게 되었으며, 이 저자에서 저 저자로 옮겨감에 따라 그의 지식과 함께 확대되었다. 개별적 문장들이, 다음에는 더 긴 비평들, 그리고 마지막에는 ― 제임스 밀의 『정치경제학 요강』과 관련하여 ― 인간에 대한 사물의 완전한 지배를 표현하는 것으로서의 화폐의 매개에 대한 확대된 비판적 논평이 있었다; 여기서 발췌와 마르크스 자신의 텍스트간의 관계가 완전히 전도되어 전자가 후자를 통하여 간격이 멀어졌다.
한 번 더 발췌노트의 중요성을 강조하기 위해, 이 노트들이 그가 작성할 때나 이후에나 그에게 얼마나 유용했던가가 지적되어야 한다. 1844년에 그것들 중 일부가 파리의 독일 이민자들을 위한 격주간지 ≪다음 페이지!≫에 그 독자들의 지적 교육에 기여하기 위해 실렸다(Grandjonc, 1974: 61~62). 무엇보다 마르크스가 그의 발췌노트를 먼 훗날에도 다시 읽는 습관을 가졌다는 사실을 고려하면, 그는 이 철저한 자료들을 〚그룬트리세〛뿐 아니라 『잉여가치 학설사』로 더 잘 알려진 1861~1863년 경제학 수고와 『자본론』 1권에서도 사용할 수 있었다.
결론을 내리자: 마르크스는 그의 사상을 〚1844년 경제학 철학수고〛와 독서로부터의 발췌노트 양자에서 공히 발전시켰다. 그 수고는 인용들, 거의 직접적인 수집들로 채워져 있는 반면에 발췌노트는 주로 그 당시 독서하였던 텍스트에 집중되어 있지만, 그의 논평들도 부수되어 있다. 양자의 내용들, 장들을 열로 나눈 형식, 페이지 매김, 그리고 그들의 작성 시기는 〚1844년 경제학 철학수고〛가 홀로 설 수 있는 작품이 아니라 오히려 마르크스의 비판적 생산의 부분으로 간주되어야 한다는 것을 확증한다. 그 비판적 생산은 그가 연구한 텍스트들로부터의 발췌, 그 재료에 대한 비판적 숙고들, 그리고 그가 종이에 작성한, 단독으로도 괜찮거나 더 많은 사고들이 보태져야 하는 원고들로 구성되어 있다. 수고를 나머지와 분리하고, 그것들을 맥락과 분리시켜 일반화하는 것은 그래서 해석의 오류를 초해할지도 모른다. 오직 전체로 간주된 이 발췌노트들만이, 마르크스의 두뇌에서 그것들이 어떻게 원숙하였는지에 관한 역사적 재구성과 함께, 파리에서의 연구의 매우 강도 높은 해 동안 그의 사상의 여정과 복합성을 진실로 보여준다(Rojahn, 2002: 45).
4. 철학 비판과 정치학 비판
마르크스의 사상이 발전한 환경과 그 사상이 하나의 이론적이거나 실천적 수준에서 행사한 영향은 가장 간단한 주목을 마땅히 받을 만하다. 그것들은 심각한 경제적 사회적 변형의 시기였고, 특히 프롤레타리아트의 숫자의 거대한 증가의 시기였다. 프롤레타리아트의 발견과 함께 마르크스는 헤겔주의 시민사회 개념과 결별하고 계급 용어로 갈 수 있었다. 마르크스는 또한 프롤레타리아트의 빈곤이 노동 조건에서 도출되기 때문에 ‘빈민’과 다른 새로운 계급이라는 인식을 획득했다. 과제는 부르주아 사회의 주요 모순들 중 하나를 증명하는 것이었다: “노동자는 그가 더 많은 부를 생산할수록 더 빈곤해지고, 그의 생산은 위력과 크기에서 더 증대한다”(Marx, 1975d: 271~272).
1844년 6월의 실레지안 직공의 폭동은 마르크스에게 그의 사상을 발전시킬 마지막 기회를 허용하였다. ≪다음 페이지!≫에 실린 「‘프러시아 왕과 사회개혁. 한 프러시아인 것에 의한’이라는 논문에 대한 비판적 주변적 논평」에서, 마르크스는 루게에 관한 비평문과 자신이 그 폭동이 정치적 정신이 부족한 것으로 보았던 이전의 논문에 관한 비평문을 사용하여, 헤겔의 국가를 일반이익의 유일한 대표자로 만들고 시민사회의 어떠한 운동도 부분적 이익의 사적 영역으로 격하시키는 개념화로부터 멀리 떠났다(Löwy, 2003: 29~30). 반대로, 마르크스는 “하나의 사회 혁명은 전체의 관점을 가진다는 것을 발견하였고”(Marx, 1975c: 205), 실레지아 사건들의 자극 아래 그것들의 상당하고 명시적인 혁명적 성격과 함께 그는 사회적 병폐의 뿌리를 “국가의 본질적 성격에서 찾지 않고 특정한 국가의 형태에서 찾는”(Marx, 1975c: 197) 사람들의 엄청난 잘못을 강조하였다.
더 일반적으로, 마르크스는 사회 개혁(그 당시 사회주의 학설의 목표), 임금 평등, 자본주의 체계 내에서의 노동의 재조직을 옹호하는 사람들은 여전히 그들이 싸우는(프루동) 가정들의 포로이고 또는 무엇보다 사적 소유와 소외된 노동 사이의 진정한 관계를 이해하지 못한다고 생각하였다. 왜냐하면, “비록 사적 소유가 소외된 노동의 이유, 원인으로 보일지라도, 그것은 오히려 소외된 노동의 결과이기 때문이다”; “사적 소유는 소외된 노동의 산물, 결과, 필연적 귀결이다”(Marx, 1975d: 279). 그 당시의 사회주의자들의 이론들과 반대로 마르크스는 경제 체계의 근본적 변형 ― “바로 자본 ‘그 자체’가 폐지되어야 하는 것”인 기획 ― 을 제안했다(Marx, 1975d: 294).
마르크스가 사회주의 학설이 그의 자신의 사상에 더 밀접해지는 것으로 느낄수록, 그는 명쾌함에 대한 필요를 더 강렬히 느꼈고, 그 학설들에 대해 더 날카로이 비판하게 되었다. 자신의 개념화는 끊임없이 마르크스를 주변의 사상들과 자신이 진행 중인 연구 결과들 간의 지속적 비교로 이끌게 하였다. 그가 완성시키는 속도는 이 비교를 필수작업으로 만들었다. 똑 같은 운명이 헤겔 좌파에게 닥치려고 하고 있었다. 참으로 그 주요 옹호자들에 대한 마르크스의 판단들은 가장 엄격하였다. 왜냐하면 그 판단들은 자신의 과거에 대한 자기비판을 표현하기도 했기 때문이다. 브루노 바우어가 편집하는 월간지 ≪일반 문학 신문≫은 지면에서 단호히 선언하였다: “비판은 그 자신이 사회의 고통과 쾌락에 연루되는 것을 삼가게 한다. … 그는 혼자 장엄하게 상세히 비평한다”(Bauer, 1844: 32). 대조적으로 마르크스에게 “비판은 열정 없이 두뇌로만 하는 것이 결코 아니다. … 그것은 수술용 칼이 아니라, 무기이다. 비판의 대상은 적이며, 그 원하는 것은 논박하는 것이 아니라 절멸시키는 것이다. … 비판은 더 이상 목적 그 자체로가 아니라 단지 수단으로서 드러난다”(Marx, 1975a: 177). 소외를 인식하는 것이 이미 그것을 극복하는 것이라는 하나의 추상적 신념으로부터 시작하는 “비판적 비판(critical criticism)” 이라는 유아론(solipsism)에 반대하여, 마르크스는 “물질적 힘은 반드시 물질적 힘에 의해 전복되어야 한다”는 것, 사회적 존재는 오직 인간의 실천에 의해 변화될 수 있다는 것을 여실히 보여주었다. 인간의 소외된 조건을 발견하고 의식하게 되는 것은 동시에 그것의 실질적 제거를 위해 일한다는 것을 의미한다. 오직 무익한 전투만 낳을 뿐인 사변적 고립에 갇힌 철학과 “백병전에서의 비판”(Marx, 1975a: 182, 178)인 철학의 비판 사이에는 거대한 차이가 있다. 그것은 자유로운 노동에 대한 요구로부터 자유로운 자기의식에 대한 요구를 분리시키는 심연이다.
5. 결론
마르크스의 사상은 파리 체류 동안 결정적 진화를 겪었다. 그는 이제 세계를 변형하는 것은 “철학이 이 문제를 단지 이론적인 문제로 생각하기 때문에 정확하게 풀 수 없는”(Marx, 1975d: 302) 하나의 실천적 문제라는 것을 확신했다. 마르크스는 이런 인식에 도달하지 않은 철학과는 영원한 작별을 고했고 실천의 철학으로 필연적 전환을 하였다. 이제부터 그 자신의 분석은 출발점을 소외된 노동이라는 범주가 아니라 노동자들의 비참한 실존이라는 현실로부터 취했다. 마르크스의 결론들은 사변적이지 않고 혁명적 행동을 지시했다(Mandel, 1971: 210).
마르크스의 정치 개념 자체가 심오하게 변했다. 당시의 좁은 사회주의나 공산주의 학설의 어느 것도 채택하지 않고, 그들과 참으로 멀리 떠난 반면, 마르크스는 경제적 관계가 사회의 연결망을 형성한다는 것과 “종교, 가족, 국가, 법, 도덕, 과학, 예술, 등이 오직 특정한 생산 양식이고, 그것의 일반법칙 아래 떨어진다는 것”(Marx, 1975d: 302)에 대해 완전한 이해에 도달했다. 국가는 헤겔의 정치 철학에서 가졌던 으뜸의 지위를 잃었다; 사회에 흡수되어, 국가는 결정하기보다 인간들 사이의 관계에 의해 결정되는 한 영역으로 생각되었다. 마르크스에 따르면, “오직 정치적 미신만이 오늘날 여전히 시민 생활이 국가에 의해 지탱되어야한다고 상상하는 반면, 현실에서는 반대로 국가가 시민 생활에 의해 지탱되고 있다”(Marx and Engels, 1975: 121).
마르크스의 개념적 틀도 혁명의 주체와 관련하여 근본적으로 변화하였다. 그는 시초의 “고통 받는 인간성”(Marx, 1982: 479)에 대한 언급에서 프롤레타리아트에 대한 특수한 동일시로 이동하였는데, 처음에는 그것을 변증법적 반테제 ― 이론의 “수동적 요소”(Marx, 1975a: 183) ― 에 근거한 하나의 추상적 개념으로서 생각하였으나, 나중에 자신의 최초의 사회경제적 분석 후에는 자체의 해방의 능동적 요소로서, 자본주의 사회 질서에서 혁명적 잠재력을 수여받은 유일한 계급으로서 생각하였다. 그래서, 포이에르바흐의 공통의 인간 본질의 실현에 대한 장애물로 생각된, 국가의 정치적 매개와 화폐의 경제적 매개에 대한 다소 모호한 비판은, 그 속에서 물질적 생산이 현재에 대한 어떠한 분석과 변형을 위한 근거로 나타나기 시작하는, 역사적 관계에 대한 비판에 굴복하였다: “인간의 예속 전체는 노동자의 생산에 대한 관계에 연루되고, 모든 예속관계는 이 관계의 오직 변형과 결과일 뿐이다”(Marx, 1975d: 280). 마르크스가 제안하는 것은 더 이상 해방에 관한 일반적 요구가 아니라 실제 생산과정의 근본적 변형이다.
이런 결론들에 도달하자, 마르크스는 다양한 다른 연구를 계획했다. 『신성가족』 이후에 그는 정치경제학에 대한 연구와 발췌를 계속했고, 슈티르너에 대한 비판을 개괄했고, 국가에 대한 연구의 줄거리를 그렸고, 헤겔에 관한 일련의 노트를 작성했고, 조만간 완성하게 될 독일 경제학자 프리드리히 리스트에 대한 비판의 초고를 준비했다. 그는 멈출 수 없었다. 엥겔스가 “하늘에 맹세코 지금이 적기이다!”라며 마르크스에게 그의 재료를 출판할 것을 요청했기 때문이다(Marx and Engels, 1982; E–Marx, beginning of October 1844, 6). 그리고 마르크스가 파리에서 추방당하기 전에, 레스케라는 출판업자와 “정치와 정치경제학 비판”이라는 제목으로 두 권의 책을 출판하기로 계약했다. 그렇지만, 1859년에 그의 연구의 첫 부분 『정치경제학 비판을 위하여』가 빛을 보기까지 15년을 기다려야 했다.
〚1844년 경제학 철학수고〛와 발췌와 비평노트는 이 기획의 첫 번째 단계들에서 마르크스가 취했던 방향성을 시사한다. 그의 기록들은 선행자들과 동시대인들에게서 도출한 이론적 요소들로 충만해 있다. 이 시기의 개요들과 연구들의 어느 것도 단일한 분야로 분류할 수 없다: 순수하게 철학적이거나 본질적으로 경제학적이거나 유일하게 정치학적인 텍스트들은 없다. 이들에게서 부상하는 것은 새로운 체계, 동질적 전체가 아닌, 하나의 비판적 이론이다.
1844년의 마르크스는 파리의 프롤레타리아들의 경험과 프랑스 혁명 연구를, 아담 스미스에 대한 독서를 프루동의 통찰과, 실레지아 직공들의 반란을 헤겔의 국가개념에 대한 비판과, 뷰렛의 빈곤에 대한 분석을 공산주의와 결합하는 역량을 가졌다. 그는 이 다른 지식과 경험의 분야들을 모우고, 함께 엮어서, 혁명의 이론을 탄생시키는 방법을 아는 하나의 마르크스이다. 파리 체류 동안 발전하기 시작하였던 그의 사상과 특히 경제적 비평들은 갑작스런 폭발의 과실이 아니라 하나의 과정의 결과였다. 매우 오랫동안 지배적이었던 마르크스주의-레닌주의 성인전은 불가능한 직접성과 도구적 최종 모표를 마르크스의 사상에다 부여하여, 지식에 대한 그의 경로를 왜곡되고 빈약하게 설명하였다. 목표는 대신 발생, 지적 부채와 마르크스의 노동의 이론적 성취를 재구성하는 것과 여전히 어떠한 현재의 비판적 이론과 대화하는 한 연구의 복합성과 풍부함을 조명하는 것이어야 한다.
번역: 하태규
APPENDIX
파리 체류 동안 마르크스의 발췌노트와 수고를 담고 있는 연표
이 연표는 1843년에서 1845년까지 파리 체류동안 마르크스가 작성한 모든 노트를 포함한다. 발췌노트의 정확한 작성 날짜는 종종 불명확하고, 많은 경우 추정되는 시간의 범위를 지시할 필요가 있는데, 시간 범위의 시작점이 연대 순서에 포함된다. 더구나 마르크스는 발췌노트를 순서대로 작성한 것이 아니라 때때로 서로 간에 교차하여 작성하였다(e.g., B 19 and B 24). 이 때문에 발췌노트의 다른 부분에 근거하여 재료를 배열하는 것이 선호되었다. 소위 〚1844년 경제학 철학수고〛(A 7, A 8 and A 9)를 포함한 발췌노트는 직접적으로 마르크스가 저자임을 지시하고, 〚〛속에 포함된 부문 제목이 그에게서 선택된 것이 아니라 텍스트에 나중의 편집자가 붙인 것임을 포함한다. 마지막으로 네 번째 열(발췌노트의 특징)이 마르크스에 의해 인용된 저자의 저작의 제목을 특정하지 않을 때, 항상 두 번째 열(발췌노트의 내용)에서 이미 언급된 것에 상응한다. “RGASPI f1, op. 1, d.124”라는 제목으로 모스크바에 있는 Rossiiskii gosudarstvennyi arkhiv sotsial’nopoliticheskoiistorii(RGASPI)에 보관되어 있는 MH의 예외를 제외하면, 이 시기의 모든 발췌노트는 세 번째 열(문서보관코드)에서 지시하는 제목 아래 암스테르담에 있는 사회역사국제연구소[Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis(IISG)]에 보관되어 있다.
| 작성시기 | 발췌노트의 내용 | 문서보관코드 | 발췌노트의 특징 |
| 1843 후반부터 | R. Levasseur, Mémoires | MH | 발췌가 2열로 작성됨 |
| 1844 초반까지 | |||
| 1843 후반부터 | 세이, 정치경제학 | B19 | 대형 노트. 2열 발췌 |
| 1844 초반까지 | 개요 | 왼쪽: 개요, 오른쪽: 스카벡과 세이의 정치경제학 실천의 완전한 과정 | |
|
1843 후반부터 1844 초반까지 |
슈츠, 정치경제학 원리 | B24 | 대형 노트. 2열 |
|
1843 후반부터 1844 초반까지 |
리스트, 정치경제학의 국민적 체계 | B24 | |
|
1843 후반부터 1844 초반까지 |
오시엔데르, 교역, 산업, 농업의 이해에 관한 대중의 실망 | B24 | |
|
1843 후반부터 1844 초반까지 |
오시엔데르, 인민의 교역에 관하여 | B24 | |
| 1844 봄 | 스카벡, 사회적 부에 관한 이론 | B19 | |
| 1844 봄 | 세이, 정치경제학 실천의 완전한 과정 | B19 | |
| 1844 5~6월 | 스미스, 국부론 | B20 | 소형 노트, 정상적 페이지 매김 |
| 1844 5월말~6월 | 마르크스, 임금, 자본의 이윤, 지대(소외된 노동과 사적 소유) | A7 | 대형 노트, 3페이지, 2열 재료는 세이, 스미스, 슐츠의 생산의 운동, 페커의 사회적 경제와 정치에 관한 새 이론, 라우동과 뷸렛의 인구와 재산문제에 관한 해법 |
| 1844 6~7월 | 맥컬록, 정치경제학의 기원, 진보, 특수 목적에 관한 논문 | B21 | 소형노트, 2열 11페이지는 예외인데, 엥겔스의 논문에 관한 안내서가 포함됨 |
| 1844 6~7월 | 프레보스트, 리카도체계에 관한 번역과 성찰 | B21 | |
| 1844 6~7월 | 엥겔스, 국민경제학 비판에 관한 개요 | B21 | |
| 1844 6~7월 | 트레이시, 이데올로기의 기본적 부분 | B21 | |
| 1844 7월말 | 마르크스, 사적 소유의 비율 | A8 | 대형 용지의 2열 |
| 1844 7~8월 | 헤겔, 정신현상학 | A9(헤겔) | 용지가 나중에 A9와 합쳐짐 |
| 1844 8월 | 마르크스, 사적 소유와 노동, 사적 소유와 공산주의, 헤겔변증법과 철학 비판, 사적 소유와 필요, 기타, 노도의 분업, 서문, 화폐 | A9 | 대형 노트, 바우어의 발견된 기독교로부터 인용, 스미스, 트레이시, 스카벡, 밀, 괴테의 파우스트, 셰익스피어의 아테네의 티몬 더하기 바우어의 일반문학신문의 다양한 칼럼으로부터의 인용. 또한 간접적 참조가 있다: 엥겔스, 세이, 리카도, 케네, 프루동, 빌레가델, 오언, 헤스, 로드데일, 맬더스, 세빌레, 스트라우스, 포이에르바흐, 헤겔, 바이틀링 |
| 1844 9월 | 리카도, 정치경제학과 과세의 원리 | B23 | 대형 노트, 2 또는 드물지만 3열. 첫 2페이지는 세노폰테로부터의 발췌인데 열이 나누어지지 않았다. |
| 1844 9월 | 밀, 정치경제학 요강 | B23 | |
|
1844 여름에서 1845 1월까지 |
뷰렛, 노동계급의 비참에 관하여 | B25 | 소형 노트, 정상적 페이지 번호 매김 |
| 1844 9월 | 중에서 1845 1월까지 보이스길버트, 프랑스의 세부사항 | B26 | 대형 노트, 보이스길버트로부터 발췌. 정상적 페이지 번호 매김. 2열에서 몇 개의 예외 |
| 1844 9월 | 중에서 1845 1월까지 보이스길버트, 부, 화폐, 공물의 속성에 관한 논문 | B26 | |
| 1844 9월 | 중에서 1845 1월까지 보이스길버트, 곡물의 자연, 문화, 교역, 이자에 관한 논의 | B26 | |
| 1844 9월 | 중에서 1845 1월까지 로, 화폐, 무역에 관한 논의 | B26 | |
| 1844 9월 | 중에서 1845 1월까지 로더데일, 공공의 부의 성격과 원천에 관한 논의 | B22 | 대형 노트, 2열 |
참고문헌
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L’Introduzione alla critica dell’economia politica, oggi ripubblicata in Italia in base a solidi criteri scientifici (Karl Marx, Introduzione alla critica dell’economia politica.
Commento storico critico di Marcello Musto, Macerata, Quodlibet, 2010), apparve per la prima volta postuma nel 1903, dopo essere stata abbandonata per quasi mezzo secolo alla «rodente critica dei topi», seguendo in ciò il destino di altre opere marxiane: L’Ideologia tedesca, per limitarsi a un solo celebre esempio.
Lo scritto era stato redatto alla fine dell’agosto 1857 e avrebbe dovuto accompagnare lo studio principale, Per la critica dell’economia politica, effettivamente stampato nel 1859. Qui, nella Prefazione elaborata ad hoc, poteva leggersi: «Sopprimo una introduzione generale che avevo abbozzato perché, dopo aver ben riflettuto, mi pare che ogni anticipazione di risultati ancora da dimostrare disturbi, e il lettore che avrà deciso di seguirmi dovrà decidere a salire dal particolare al generale» (Prefazione a Per la critica dell’economia politica [1859], Torino, Einaudi, 1975, p. 955). Si trattava di una giustificazione forse convincente agli occhi dei contemporanei, ma che i posteri non avrebbero accettato acriticamente, dedicando a queste poche pagine di natura epistemologica una gran messe di studi e commenti.
Il contesto storico nel quale s’inserisce l’Introduzione è opportunamente ricostruito dal curatore di questa edizione, autore nello stesso 2010 anche di una breve antologia di scritti marxiani intitolata L’alienazione (Roma, Donzelli). Egli pone al centro dell’attenzione la crisi finanziaria internazionale che promanò dagli Stati Uniti nei primi mesi del ’57 e sottolinea che, proprio osservando con attenzione i possibili effetti dell’evento sul piano politico e sociale, Marx si decise a riprendere gli studi economici provvisoriamente accantonati, lavorando intensamente lungo l’intero anno, uno tra i più prolifici della sua esistenza (p. 72).
Il testo dell’Introduzione (pp. 9-49) propone profonde riflessioni sul metodo che avrebbe accompagnato Marx nella sua opera incompiuta di critica dell’economia politica, ma vi si leggono anche acute dichiarazioni in tema di teoria della storia. L’Autore denuncia con decisione l’anacronismo degli economisti classici, tra essi Smith e lo stesso Ricardo, inclini a riconoscere le caratteristiche specifiche della loro epoca come eterne, sia guardando indietro sia in prospettiva futura. Considera quindi il concetto di “produzione in generale”, notando come in effetti esso sia un’astrazione accettabile, ma solo a patto di riconoscere la specificità del contesto in cui si presenta e che essa stessa modifica, trasformandosi a sua volta. Così, se il processo produttivo può considerarsi “in generale” sempre lavoro dell’uomo che modifica la natura, riferirsi al capitale – chiosa il curatore – «come se fosse sempre esistito, al modo degli economisti, significava considerarne solo la materia e prescindere dalla sua essenziale “determinazione formale”» (p. 83). La produzione è vista da Marx in quanto «totalità», e in un paragrafo specifico del Commento storico critico (pp. 89-99) viene discusso il significato dell’espressione, rilevando l’importanza dei diversi momenti della distribuzione, dello scambio e del consumo contro ogni interpretazione che accentui unicamente la produzione in senso stretto, centrale ed «egemonica» sì, ma che non può essere osservata in maniera unilaterale e senza articolazione (pp. 96-98).
Su queste basi, dove economia e storia s’intrecciano continuamente, con l’esigenza di rapportare ogni astrazione concettuale alla storia reale, Marx afferma che «le categorie più astratte, sebbene siano valide […] per tutte le epoche, sono tuttavia, in ciò che vi è di determinato in questa astrazione, il prodotto di condizioni storiche e posseggono la loro piena validità solo all’interno di queste condizioni» (pp. 40-41). Ed è precisamente in questo approccio teso a dimostrare la specificità del modo di produzione capitalistico che s’individua un punto decisivo dell’Introduzione: «Raffigurare il lavoro salariato non come rapporto distintivo di una particolare forma storica della produzione, ma quale realtà universale dell’esistenza economica dell’uomo, significava sostenere che anche lo sfruttamento e l’alienazione erano sempre esistite e avrebbero continuato sempre a esistere» (pp. 87-88). Si tratta, da parte di Marx, di una netta opzione teorica che si ripercuote evidentemente sul piano politico, perché dimostra il carattere transeunte della società fondata sul capitale e il lavoro salariato, senza bisogno di scomodare alcuna filosofia della storia dai tratti deterministici che veda nel presente una semplice premessa di un futuro predeterminato. Le possibilità obiettive del socialismo marxiano sono del resto contenute nel capitalismo stesso, ma come esito di una lotta tra le classi giocata sul terreno dell’azione concreta e organizzata di uomini in carne e ossa: non a caso Marx, accanto alle possibilità di una trasformazione sociale radicale, aveva precocemente paventato – e in un testo come il Manifesto comunista – la possibile rovina delle classi in lotta, ovvero il tramonto della civiltà.
Un Marx politico, dunque: la riflessione sul metodo, del resto, era immediatamente politica dal momento che individuava «nel presente le tendenze che lasciavano prefigurare lo sviluppo di un nuovo modo di produzione, contrastando, di conseguenza, coloro che avevano postulato l’insuperabilità storica del capitalismo. Le sue ricerche, anche quelle epistemologiche, non ebbero mai un movente esclusivamente teorico, ma furono sempre mosse dalla necessità di interpretare il mondo per potere meglio ingaggiare la lotta […] mirante a trasformarlo» (pp. 113-114).
L’opera di Marx è risultata a posteriori, e a maggior ragione dopo la ripresa dell’edizione storico-critica (Mega2), un cantiere aperto, nel quale spiccano le tracce di sentieri inaugurati e presto accantonati, incertezze e fughe in avanti, non certo il sistema chiuso e concluso in se stesso che parte del marxismo novecentesco, pressato da urgenze politiche storicamente determinate, ha spesso preteso di avere a disposizione. In questo senso, Musto può serenamente affermare in diversi punti della sua lunga e convincente esegesi che l’ampia critica dell’economia politica pianificata da Marx sin dalla metà degli anni Quaranta è rimasta fondamentalmente incompiuta. Certamente a cagione del fatto che Marx era ampiamente sensibile e ricettivo di fronte agli stimoli sempre nuovi della realtà, disponibile ad aggiornarsi e a correggersi continuamente, giacché il materiale che scovava non andava inserito in un impianto sistematico già pronto e semplicemente da riempire, ma contribuiva all’elaborazione e alla rivisitazione continua della teoria stessa. Ma per l’autore del Capitale si trattava anche di un problema più profondo e, di nuovo, latamente politico, ossia della solidità di una teoria critica destinata in primo luogo alla «classe più numerosa e più povera» (Saint-Simon) quale strumento per la sua emancipazione: compito improbo si dirà oggi, e forse velleitario, ma che parla tanto delle motivazioni marxiane quanto della maturità di quella classe operaia europea sulla cui crescita intellettuale e politica egli basava le sue speranze nel futuro del socialismo.
La prima introduzione al laboratorio marxiano
Nell’ultima settimana dell’agosto 1857, in concomitanza con lo scoppio della prima crisi finanziaria mondiale nella storia del capitalismo, Marx scrisse un testo che intitolò Introduzione e che avrebbe dovuto precedere un lavoro che apparve nel 1859 con il titolo di Per la critica dell’economia politica.
Successivamente Marx decise di sopprimere tale introduzione perché, secondo le sue parole, “dopo aver ben riflettuto, mi pare che ogni anticipazione di risultati ancora da dimostrare disturbi”. L’Introduzione venne quindi pubblicata per la prima volta nel 1903 da Karl Kautsky e apparve in traduzione italiana, a cura di Giorgio Backhaus, nel volume Lineamenti fondamentali di critica dell’economia politica. Grundrisse (Einaudi 1976). Oggi essa viene riproposta dall’editore Quodlibet con un ricco commento storico critico di Marcello Musto, giovane studioso di Marx e docente presso la York University di Toronto in Canada.
L’Introduzione alla critica dell’economia politica riveste un interesse rilevante perché in essa Marx: 1) ribadisce la storicità del capitalismo; 2) connette produzione, distribuzione, scambio e consumo sottolineando la preminenza del fattore produttivo sugli altri tre; 3) assegna un valore importante al processo di astrazione nella comprensione del reale; 4) mette in luce il rapporto ineguale tra forme della coscienza e strutture economiche.
Sul primo punto, la storicità del capitalismo, Marx non risparmia il sarcasmo contro l’individuo naturale e le “robinsonate del XVIII secolo” di tanti economisti e filosofi del passato e del presente i quali, dimenticando la diversità tra produzione in generale e differenti determinazioni storiche, sostengono di fatto l’eternità e l’armonia dei rapporti sociali esistenti negando, di conseguenza, la possibilità di un superamento di tali rapporti. Si tratta per essi, attraverso l’idealizzazione di Robinson Crusoe quale rappresentante del solitario uomo borghese, di generalizzare tale condizione per ogni epoca storica, anche quelle precedenti la nascita della società borghese, concependo di conseguenza il capitale come cosa e non come rapporto. Da qui egli passa, nel secondo paragrafo, a prendere in esame il rapporto tra quattro dimensioni fondamentali dell’economia politica: produzione, distribuzione, scambio e consumo. Affermando, ad esempio, che esiste una identità tra produzione e consumo: “la produzione non produce…soltanto un oggetto per il soggetto, ma anche un soggetto per l’oggetto”, ossia il consumatore. Per Marx, quindi, la produzione va considerata come una totalità all’interno della quale la produzione stessa rappresenta l’elemento prioritario. Anche se, precisa l’autore, gli altri tre fattori – la dimensione del consumo, le trasformazioni della distribuzione e la grandezza della dimensione dello scambio, cioè del mercato – concorrono a definire la produzione e ad influire su di essa. Le acquisizioni teoriche di Marx avevano anche implicazioni politiche. In polemica con i socialisti che proponevano modifiche nella circolazione del denaro creando un razionale sistema monetario o auspicavano di trasformare gli operai in capitalisti, Marx, sostiene Musto, ricorda che “la questione centrale rimaneva il superamento del lavoro salariato ed essa riguardava innanzitutto la produzione”.
Ma il tema forse più stimolante è presente nel terzo paragrafo dell’Introduzione in cui Marx affronta una fondamentale questione metodologica, forse mai in seguito tematizzata così chiaramente come in questa sede: il rapporto, cioè, tra pensiero e realtà, tra astratto e concreto. In un serrato confronto con Smith, Ricardo ed Hegel, il filosofo di Treviri arriva alla conclusione che “il metodo scientificamente corretto” per comprendere il reale è quello secondo il quale “le determinazioni astratte conducono alla riproduzione del concreto nel cammino del pensiero”. Non è possibile dar conto in questa sede di tutti i passaggi logici presenti nel testo. Possiamo affermare, in estrema sintesi, che Marx sostiene la necessità di salire dall’astratto al concreto per appropriarsi del concreto ma senza concepire il reale come risultato del pensiero. Le categorie economiche, infatti, sono “relazioni astratte di una totalità vivente e concreta già data”. Come efficacemente commenta Marcello Musto a proposito del rapporto tra concreto e pensiero, “respinta la simmetria tra ordine logico e ordine storico-reale, il momento storico si presentava come tornante decisivo per comprendere la realtà, mentre quello logico consentiva di concepire la storia non come piatta cronologia di diversi accadimenti”.
A questo punto Marx si chiede in che modo ricostruire lo sviluppo storico delle diverse forme societarie, in che maniera ricostruire il passato. È a quest’altezza che egli formula la famosa frase secondo la quale: “L’anatomia dell’uomo è una chiave per l’anatomia della scimmia. Ciò che nelle specie animali inferiori accenna a qualcosa di superiore può essere compreso solo se la forma superiore è già conosciuta. L’economia borghese fornisce quindi la chiave di quella antica ecc. In nessun caso però procedendo al modo degli economisti, che cancellano tutte le differenze storiche e in tutte le forme della società vedono la società borghese”. Musto rileva qui che tale nota non va però letta “in termini evoluzionistici” e richiama le riflessioni di Stuart Hall secondo il quale la teoria elaborata da Marx rappresenta una rottura con lo storicismo, pur non essendo una rottura con lo storico.
Nell’ultimo e frammentario paragrafo dell’introduzione merita di essere ricordata la parte relativa al “rapporto ineguale dello sviluppo della produzione materiale con … quella artistica”. Qui Marx sostiene, anche sulla scorta degli studi di Sismondi il quale aveva messo in rilievo la correlazione tra i momenti alti delle letterature europee e i periodi di decadenza sociale dei paesi che quei momenti avevano espresso, che le condizioni materiali degli uomini determinano sì le loro attività simboliche e cognitive, ma che tra i due momenti, produzione intellettuale e produzione economica, non vi è alcuna corrispondenza meccanica. Si tratta di un’acquisizione di grande importanza che sgombra il campo da tante interpretazioni riduttive del pensiero di Marx sul tema del rapporto tra struttura e sovrastruttura. Rapporto che è stato di recente ripreso e acutamente indagato da Nicolao Merker in un saggio complessivo sul filosofo di Treviri (Karl Marx. Vita e opere, Laterza 2010). In esso Merker ricorda che nella Prefazione a Per la critica dell’economia politica (1859) Marx usa le metafore architettoniche di “struttura” e “sovrastruttura” senza tuttavia attribuire un significato secondario a quel che sta “sopra”(la costruzione) rispetto a ciò che sta “sotto” (le fondamenta). Inoltre per Marx la parola struttura comprende forze produttive, modi di produzione e rapporti sociali corrispondenti. Quindi produrre non è un’attività meccanica e inerte. Essa è un’attività ricca di conoscenze, competenze e abilità. Un fare accompagnato da un saper fare. Per questo, conclude Merker, “già nella produzione, essendo essa umana, sono simultaneamente presenti la ‘struttura’ e la ‘sovrastruttura’, complementari e non contrapposte”.
Two decades after 1989, when he was too hastily consigned to oblivion, Karl Marx has returned to the limelight. In the last few years Capital has not only received the attention of university professors, but has also been the focus of widespread interest prompted by the international financial crisis, as leading daily and weekly papers throughout the world have been discussing the contemporary relevance of its pages. Furthermore, the literature dealing with Marx, which all but dried up 20 years ago, is showing signs of revival in many countries; and there are now, once again, many international conferences and university courses dedicated to his analysis of capitalism. Though among the most important books of the last 150 years, Marx’s Capital nevertheless represents an incomplete project. Marx himself was only able to publish the first volume (1867) in his lifetime; volumes two (1885) and three (1894) were prepared for publication by Friedrich Engels. Moreover, after Engels’ death, many of Capital’s preparatory manuscripts were published by others still, some of which provided valuable further elucidations of Marx’s theoretical project, sometimes significantly changing previous interpretations (e.g., the Grundrisse, published by the Marx-Engels-Lenin Institute of Moscow in 1939, and translated into English only in 1973).
The first part of this course aims to reconstruct all the stages of Marx’s critique of political economy (starting from Economic-Philosophical Manuscripts of 1844), and, particularly, the making of Capital, Volume I through its various preparatory drafts, like the Grundrisse (the interpretation of which will be emphasized), the Theories of Surplus Value and the ‘Results of the Immediate Process of Production’, better known as the ‘Unpublished Chapter VI’.
The second part of the seminar will be dedicated to a close reading of Capital, Volume I, with particular attention to the following topics: a) the transformation of money into capital; b) the analysis of absolute and relative surplus-value; c) the primitive accumulation of capital; and d) Marx’s conception of post-capitalistic society as it appears in the most political sections of his opus magnum.
The final class of the course will look critically at the readings of Capital elaborated by some of the main schools of Marxism of the Twentieth Century, and consider the most important works published in recent years on the continuing relevance of Marx’s Capital for an understanding of the contemporary world and its problems.